Guide complet du mariage transfrontalier Chine-Canada : authentification du certificat de mariage, reconnaissance IRCC et enregistrement au Québec

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Guide juridique du mariage transfrontalier Chine-Canada — Équipe de recherche juridique SiLaw

Points essentiels en un coup d’oeil

  • Double entrée en vigueur de la Convention de La Haye : La Chine a rejoint la Convention de La Haye sur l’apostille le 7 novembre 2023, et le Canada (incluant le Québec) le 11 janvier 2024. Un acte de mariage chinois n’a désormais besoin que d’une seule apostille (附加证明书) pour être utilisé au Canada ; l’ancienne procédure de double légalisation « notarisation + authentification consulaire » est officiellement abolie.
  • Critères de reconnaissance de l’IRCC : En vertu du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR) R2(1), l’IRCC reconnaît les mariages légalement valides tant dans le lieu de célébration qu’au Canada. Les mariages enregistrés auprès du Bureau des affaires civiles (民政局) en Chine satisfont généralement à ce critère, à l’exception des mariages par procuration, des mariages entre cousins et des mariages contractés avant l’âge légal.
  • Obligation d’enregistrement au Québec : Si les deux époux s’établissent au Québec, ils doivent enregistrer leur mariage étranger auprès du Directeur de l’état civil du Québec (DLNF). Le délai de traitement est d’environ 45 jours ouvrables ; l’enregistrement est gratuit, mais les frais de traduction et d’apostille restent à la charge du demandeur.
  • Se marier en Chine ou au Canada : Chacune des deux voies présente des avantages et des inconvénients. En se mariant d’abord en Chine puis en demandant le parrainage, le délai total entre l’enregistrement du mariage et l’obtention de la résidence permanente par le conjoint est d’environ 22 à 30 mois. Se marier d’abord au Canada évite les démarches d’authentification de documents chinois, mais exige d’obtenir au préalable une apostille sur la « déclaration de célibat ».
  • Facteurs de risque propres aux demandes chinoises : Un délai très court entre le mariage et la demande, un écart d’âge important entre les époux ou une relation initiée uniquement en ligne sont autant d’éléments qui peuvent déclencher un examen de l’authenticité du mariage par l’IRCC ; il convient de préparer à l’avance les quatre catégories de preuves recommandées.

Le présent article est fourni à titre d’information juridique générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour toute situation particulière, veuillez consulter un avocat ou un consultant en immigration autorisé.

I. Contexte : ce que la Convention de La Haye a changé

Pour les couples mariés en Chine qui souhaitent s’en prévaloir pour immigrer au Canada, les années 2023-2024 ont marqué un tournant historique : la Chine et le Canada ont successivement adhéré à la Convention de 1961 supprimant l’exigence de la légalisation des actes publics étrangers (communément appelée « Convention Apostille »).

La portée concrète de ce changement est la suivante : l’ancienne chaîne de légalisation en trois étapes — notarisation en Chine, authentification au ministère des Affaires étrangères, puis légalisation consulaire à l’ambassade de Chine au Canada — est désormais remplacée par une seule apostille.

1.1 Deux dates clés

Événement Date Référence
Entrée en vigueur de la Convention Apostille en Chine 7 novembre 2023 Communiqué du ministère des Affaires étrangères de la RPC (23 octobre 2023)
Entrée en vigueur de la Convention Apostille au Canada (incluant le Québec) 11 janvier 2024 Communiqué d’Affaires mondiales Canada

Depuis ces dates, tout acte public (acte de mariage, acte de naissance, extrait de casier judiciaire, etc.) délivré par un État contractant et destiné à être utilisé dans un autre État contractant n’a besoin que d’une apostille délivrée par l’autorité compétente du pays émetteur, sans légalisation diplomatique.

1.2 Comparaison : ancienne procédure vs. nouvelle procédure

Avant d’entrer dans le détail du processus actuel, voici l’ampleur de ce changement :

Étape Ancienne procédure (avant le 7 novembre 2023) Nouvelle procédure (à partir du 7 novembre 2023)
Étape 1 Notarisation de l’acte de mariage auprès d’un office notarial local Demande directe d’apostille auprès du ministère des Affaires étrangères ou du Bureau des affaires étrangères provincial
Étape 2 Authentification par la Direction consulaire du ministère des Affaires étrangères (Étape 2 supprimée)
Étape 3 Légalisation consulaire à l’ambassade ou au consulat de Chine au Canada (Étape 3 supprimée)
Délai total (à titre indicatif) En général 4 à 8 semaines (courrier et file d’attente inclus) Traitement ordinaire : 5 à 7 jours ouvrables ; traitement urgent : 3 à 4 jours ouvrables
Coût de référence (côté chinois) Frais de notarisation (variables selon les provinces) + frais d’authentification ~100 CNY/document + frais consulaires Frais d’apostille : 50 CNY/document (actes civils) ; supplément urgence : 50 CNY

> Mise en garde importante : Même si la procédure a été simplifiée, l’apostille apposée sur l’acte de mariage chinois doit d’abord être traduite en anglais ou en français par un traducteur professionnel agréé reconnu par le Canada. La traduction doit être jointe aux pièces de la demande. L’apostille atteste uniquement l’authenticité de l’autorité signataire — elle ne constitue pas une traduction du contenu du document.

II. Enregistrement du mariage en Chine : procédure auprès du Bureau des affaires civiles et acte de mariage

Tout citoyen chinois (qu’il s’agisse de deux ressortissants chinois ou d’un ressortissant chinois avec un étranger ou un Chinois de l’étranger) doit enregistrer son mariage auprès de l’organe d’enregistrement des mariages du Bureau des affaires civiles (民政局) local.

2.1 Mariage entre deux citoyens chinois en Chine

En vertu du Règlement sur l’enregistrement du mariage (国务院令第804号), révisé en avril 2025 et en vigueur depuis le 10 mai 2025, les dispositions actuelles sont les suivantes :

Âge légal du mariage :

  • Homme : pas avant 22 ans révolus
  • Femme : pas avant 20 ans révolus

Motifs d’interdiction du mariage :

  1. L’une ou les deux parties est déjà mariée (mariage antérieur non dissous)
  2. Ascendants ou descendants en ligne directe, ou parents collatéraux jusqu’au troisième degré (cousins germains et issus de germains, voir section VII)
  3. Maladie jugée médicalement incompatible avec le mariage (rarement applicable en pratique)

Pièces requises pour l’enregistrement (nouvelles règles 2025) :

Document Précisions
Carte d’identité nationale (original) Depuis les nouvelles règles 2025, le livret de famille (户口簿) n’est plus obligatoire pour l’enregistrement du mariage
Photos récentes communes (format 2 pouces, 3 exemplaires) Portrait mi-buste, tête nue, fond rouge, bleu ou blanc ; photos composites ou artistiques refusées
Déclaration de demande d’enregistrement du mariage Remplie sur place ; déclaration d’absence de conjoint et d’absence de lien de parenté prohibé
Confirmation de rendez-vous en ligne De nombreuses localités ont mis en place un système de rendez-vous en ligne ou via application ; la date de réception peut être choisie dans les 15 jours ouvrables suivants

> Point clé de la réforme 2025 : La politique « enregistrement national unifié » (全国通办) permet aux époux d’effectuer l’enregistrement dans n’importe quel bureau d’état civil du pays, sans retourner dans leur localité d’origine respective, ce qui facilite considérablement la démarche.

Une fois l’enregistrement effectué, chaque époux reçoit un Livret de mariage (结婚证) à couverture rouge (avec photo des époux à l’intérieur), document central pour l’apostille et pour la procédure d’immigration canadienne.

2.2 Mariage entre un citoyen chinois et un ressortissant étranger (dont les titulaires d’un passeport ou de la résidence permanente canadiens)

Lorsque l’un des futurs époux est titulaire d’un passeport canadien ou du statut de résident permanent canadien, la démarche doit être effectuée auprès de l’organe d’enregistrement des mariages impliquant des étrangers désigné par le gouvernement de l’arrondissement ou du comté (généralement le Bureau des affaires civiles de la capitale provinciale), et non auprès d’un bureau d’état civil ordinaire.

Pièces supplémentaires requises pour la partie étrangère :

  • Passeport en cours de validité ou autre titre de voyage international valide (original)
  • Justificatif de résidence en cours de validité (permis de séjour pour étrangers ou titre de séjour délivré par l’ambassade)
  • Justificatif de statut matrimonial : délivré par l’autorité notariale du pays de l’intéressé, confirmé par son ministère des Affaires étrangères (ou autorité habilitée) et légalisé par l’ambassade ou le consulat dudit pays en Chine — ou délivré directement par l’ambassade ou le consulat
  • Traduction certifiée en chinois par un office notarial chinois pour tout document en langue étrangère
  • Photo commune des deux futurs époux (format 2 pouces, 3 exemplaires)

> Déclaration de célibat canadienne (Statement in Lieu of Certificate of Non-Impediment) : Affaires mondiales Canada peut délivrer une « Déclaration tenant lieu de certificat de non-empêchement au mariage à l’étranger » (Statement in Lieu of Certificate of Non-Impediment to Marriage Abroad), servant de justificatif de statut matrimonial. Pour une utilisation en Chine, ce document doit en général être authentifié par le ministère de la Justice du Canada avant d’être légalisé par l’ambassade ou le consulat de Chine au Canada (remarque : il s’agit du flux Canada vers Chine ; depuis l’adhésion du Canada à la Convention le 11 janvier 2024, une apostille délivrée par le ministère de la Justice du Québec est acceptée).

III. Apostille sur l’acte de mariage chinois : guide pratique étape par étape (procédure en vigueur en 2026)

3.1 Qu’est-ce qu’une apostille ?

L’apostille (附加证明书 en chinois, prononcé « apostil ») est un format de certification internationale délivré par l’autorité compétente désignée du pays émetteur. Elle atteste uniquement l’authenticité de l’autorité ou de la personne ayant signé le document, sans se prononcer sur le contenu de celui-ci. Lorsque l’IRCC Canada, le DLNF du Québec ou d’autres organismes reçoivent un acte public chinois accompagné d’une apostille, ils le considèrent comme dûment certifié et peuvent procéder directement à son examen.

3.2 En Chine : qui est habilité à délivrer une apostille ?

Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères de la RPC, les autorités compétentes désignées en Chine pour délivrer les apostilles sont :

  1. La Direction consulaire du ministère des Affaires étrangères : elle traite les actes notariés et autres documents certifiés à portée internationale délivrés par des offices notariaux ou des organismes de certification sur tout le territoire national
  2. Les Bureaux des affaires étrangères provinciaux (par délégation du ministère des Affaires étrangères) : ils traitent les documents délivrés dans leur région administrative respective

Conseil pratique : La plupart des demandeurs s’adressent directement à la Direction consulaire du ministère des Affaires étrangères, dont le champ de compétence est le plus large. La demande peut être effectuée via l’application Alipay (支付宝) → rechercher le mini-programme « Centre de services consulaires » → prendre rendez-vous pour une apostille, y compris par voie postale, sans se déplacer à Pékin.

3.3 Procédure de demande (exemple : acte de mariage)

Étape 1 : Préparer les documents originaux

Vérifier que l’acte de mariage original est en bon état, sans dommage ni dégradation. Certains bureaux des affaires étrangères provinciaux exigent une copie certifiée conforme plutôt que l’original ; renseignez-vous au préalable auprès de votre province.

Étape 2 : Prendre rendez-vous via Alipay

Ouvrir Alipay (支付宝) → rechercher le mini-programme « Centre de services consulaires » (领事服务中心) → sélectionner « Apostille » (附加证明书) → remplir les informations de la demande et choisir une date de dépôt ou le service postal.

Étape 3 : Déposer les pièces de la demande

  • Formulaire de demande d’apostille dûment rempli
  • Acte de mariage original (ou copie certifiée conforme, selon les exigences)
  • Pièce d’identité du demandeur (carte d’identité ou passeport)

Étape 4 : Payer les frais

Type de service Frais (CNY/document) Délai de traitement (jours ouvrables)
Traitement ordinaire (actes civils, dont actes de mariage) 50 CNY 5 à 7 jours ouvrables
Traitement urgent 50 CNY + supplément urgence 50 CNY = 100 CNY 3 à 4 jours ouvrables
Traitement très urgent Selon le barème très urgent Environ 2 jours ouvrables
Documents commerciaux (à titre de référence) 100 CNY/document (sans rapport avec l’enregistrement du mariage, indiqué à titre de comparaison) Idem

Étape 5 : Récupérer l’apostille

L’apostille se présente sous la forme d’une feuille indépendante annexée au document original ; elle comporte un numéro de référence, le nom de l’autorité émettrice, la date d’émission et un cachet officiel. À conserver précieusement, sans la plier.

Étape 6 : Faire traduire les documents

Une fois l’apostille reçue, il faut confier la traduction intégrale de l’acte de mariage et de l’apostille à un traducteur professionnel agréé, qui produira également une attestation de traduction. L’IRCC exige que le traducteur déclare sa compétence dans les langues concernées ; la traduction doit être accompagnée d’une copie de l’original.

> Remarque : La durée de validité d’une apostille n’est pas définie de façon uniforme dans le cadre de la Convention de La Haye, mais certains organismes (dont l’IRCC) peuvent avoir des exigences internes quant à la date d’émission. Il est conseillé d’obtenir l’apostille dans les 3 à 6 mois précédant le dépôt de la demande afin d’éviter toute contestation liée à la « péremption » du document.

IV. Comment l’IRCC reconnaît-il les mariages chinois : cadre juridique

4.1 Définition juridique de « conjoint »

Aux termes du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR) R2(1), un « conjoint » (spouse) désigne la personne unie par les liens du mariage à une autre, à condition que ce mariage soit légalement valide tant dans le lieu de célébration qu’au Canada. Cette double exigence de légalité est la clé pour comprendre les critères d’évaluation de l’IRCC.

La notion de « conjoint » se distingue de celle de « conjoint de fait » (common-law partner, qui exige une cohabitation d’au moins un an) et de « partenaire conjugal » (conjugal partner, un partenaire empêché de cohabiter par des circonstances particulières, mais ayant une relation conjugale depuis au moins un an). Pour présenter une demande de parrainage à titre de conjoint, une preuve valide du mariage est indispensable.

4.2 Article 117(9) de la LIPR : obstacle central à l’admissibilité au parrainage

L’article 117(9) de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) énonce les cas dans lesquels un membre de la famille ne peut être parrainé ; le plus déterminant est le suivant : si le répondant, lors de l’obtention de son statut de résident permanent, n’a pas déclaré ce conjoint dans sa demande, ce conjoint se trouve exclu définitivement du parrainage.

Cette règle signifie concrètement que si un nouvel immigrant, dans le cadre d’une demande Entrée express ou d’un permis de travail, a choisi de ne pas inclure son conjoint afin d’obtenir un score SCP (CRS) plus élevé, il s’expose à un refus s’il tente ultérieurement de le parrainer — sauf s’il peut prouver qu’il ignorait l’existence de cette personne (ce qui est pratiquement impossible en pratique).

> Lien avec l’épisode 1 (parrainage conjugal) : Dans le premier épisode (EP1), nous avons examiné la question de l’authenticité du mariage. Le présent épisode est axé sur la conformité documentaire et les obstacles juridiques propres aux dossiers chinois ; la lecture des deux articles en parallèle est recommandée.

4.3 Liste des documents exigés par l’IRCC

Document Exigences spécifiques Remarques
Acte de mariage chinois (original) Un exemplaire par époux, les deux doivent être soumis L’IRCC exige généralement une copie numérisée en couleur ; l’original doit être conservé pour consultation
Traduction certifiée en anglais ou en français Doit être produite par un traducteur professionnel, accompagnée d’une copie de l’original et d’une attestation du traducteur La traduction par le demandeur lui-même n’est pas acceptée
Apostille (附加证明书) Délivrée par le ministère des Affaires étrangères de la RPC ou un Bureau des affaires étrangères provincial Remplace la légalisation consulaire depuis le 11 janvier 2024
Actes de naissance des deux époux Originaux ou copies certifiées conformes, avec traduction jointe Servent à vérifier l’âge et les liens de parenté
Preuve de capacité matrimoniale Déclaration de célibat, ou jugement de divorce / acte de décès de l’ex-conjoint Doit démontrer l’absence de mariage antérieur subsistant
Formulaire principal de demande (IMM 1344 — répondant) Formulaire central du parrainage familial ; doit indiquer la catégorie de la relation conjugale Consulter la version la plus récente sur canada.ca
Preuves de la relation (IMM 5532 et autres) Photos du mariage, historique des communications, preuves de finances communes, etc. Les « quatre piliers » de preuves de l’authenticité du mariage (voir ci-dessous)

V. Se marier en Chine ou au Canada ? Comparaison approfondie des deux voies

Beaucoup de couples sino-canadiens doivent faire un choix fondamental : accomplir les formalités du mariage en Chine et entamer ensuite la procédure de parrainage au Canada, ou célébrer le mariage au Canada en premier lieu ? Chaque option a sa propre logique juridique, son propre coût en temps et ses propres risques pratiques.

5.1 Option 1 : se marier d’abord en Chine

Avantages :

  • Arrangement naturel pour les familles dont les deux côtés sont en Chine
  • L’acte de mariage est un document chinois original, généralement bien reconnu par l’IRCC
  • Si le conjoint est enregistré dans le système chinois du hukou (户口), l’ensemble documentaire est cohérent

Inconvénients :

  • Nécessité d’obtenir une apostille et une traduction professionnelle (temps et frais supplémentaires)
  • Si les documents chinois comportent des erreurs (informations incomplètes sur l’acte de mariage), la correction peut prendre du temps
  • Le répondant canadien doit attendre de disposer de l’acte de mariage avant de soumettre sa demande de parrainage

Calendrier estimatif :

Étape Délai estimatif Points clés
Enregistrement du mariage en Chine 1 à 2 jours (réalisable le jour du rendez-vous) Les deux époux doivent se présenter en personne simultanément
Obtention de l’apostille (traitement ordinaire) 1 à 2 semaines (courrier inclus) Peut être effectuée par un mandataire muni d’une procuration
Traduction professionnelle 1 à 2 semaines Choisir un cabinet ayant de l’expérience en documents d’immigration
Traitement de la demande de parrainage par l’IRCC (hors du Canada) Environ 15 mois (données officielles de mars 2026) Pour les demandes provenant de Chine, le bureau des visas compétent est Guangzhou ou Pékin
Confirmation de résidence permanente (atterrissage) Entrée au Canada dans les 60 jours suivant l’approbation du visa La résidence permanente est formellement acquise lors du premier atterrissage

Calendrier total de référence : Depuis la date d’enregistrement du mariage en Chine, le conjoint peut s’attendre à obtenir la résidence permanente canadienne en 22 à 28 mois (selon l’arriéré de l’IRCC et les particularités du dossier).

5.2 Option 2 : se marier d’abord au Canada

Avantages :

  • Pas d’apostille chinoise à obtenir ; les démarches d’authentification transfrontalière sont évitées
  • L’ensemble des formalités de mariage et des documents juridiques s’inscrit dans le système canadien, avec moins de barrière linguistique
  • Si le conjoint est déjà au Canada avec un visa de visiteur, un parrainage intérieur (Inland Sponsorship) est envisageable

Inconvénients :

  • Condition préalable contraignante : si l’autre partie est ressortissante chinoise, elle doit d’abord entrer légalement au Canada (visa de visiteur ou autorisation de voyage électronique) pour pouvoir y célébrer le mariage
  • La demande de visa de visiteur canadien par un ressortissant chinois est elle-même soumise à un risque de refus, ce qui peut compromettre tout le plan
  • Il faut au préalable obtenir en Chine une « déclaration de célibat » apostillée destinée à être utilisée au Québec

Exigences supplémentaires au Québec : Pour se marier au Québec, il faut préalablement :

  1. Publier l’avis de mariage auprès du DLNF (Directeur de l’état civil) : l’avis doit être diffusé sur le site du DLNF pendant au moins 20 jours civils
  2. Mandater un notaire ou un célébrant de mariage civil pour officier ; le mariage doit être constitué en acte notarié
  3. Le conjoint étranger doit fournir : un passeport en cours de validité, l’acte de naissance original mentionnant les noms des parents (avec traduction certifiée par un membre de l’OTTIAQ si en chinois), et une preuve de célibat

5.3 Recommandations pour le choix de la voie

  • Si les deux familles se trouvent en Chine et que le conjoint n’est pas encore arrivé au Canada : privilégier l’option 1 — le calendrier est clair et la documentation est cohérente
  • Si le conjoint est déjà au Canada avec un statut légal (permis d’études, permis de travail, etc.) : l’option 2 est envisageable, elle convient aux situations où l’on souhaite accélérer le regroupement familial
  • Si le conjoint n’a aucun statut légal au Canada et n’y est jamais entré : l’option 1 (parrainage hors du Canada) est obligatoire

VI. Enregistrement à l’état civil du Québec : inscrire le mariage étranger auprès du DLNF

La reconnaissance du mariage chinois par l’IRCC ne signifie pas son inscription automatique dans les registres de l’état civil du Québec. Si les deux époux ont l’intention de s’établir durablement au Québec, ils doivent demander activement l’enregistrement de leur mariage étranger auprès du Directeur de l’état civil du Québec (DLNF).

6.1 Pourquoi enregistrer le mariage au Québec ?

  • Obtenir un acte de mariage québécois : Les documents délivrés par le DLNF font autorité dans les démarches administratives et juridiques au Québec (banque, droits réels, autorisation médicale, succession, etc.)
  • Pleine protection juridique du mariage : Au Québec, les dispositions du Code civil du Québec (C.c.Q.) relatives au mariage (notamment le régime du patrimoine familial) s’appliquent aux mariages enregistrés auprès du DLNF
  • Prévention des litiges : La clarification de la date et de la validité du mariage évite toute remise en cause ultérieure de sa légalité en cas de divorce ou de succession

6.2 Procédure de demande et pièces requises

Mode de dépôt : Demandes acceptées par courrier uniquement (dépôt en personne refusé)

Pièces requises :

  1. Formulaire du DLNF « Demande d’inscription de mariage étranger »
  2. Acte de mariage chinois original (ou copie certifiée conforme)
  3. Apostille (délivrée par le ministère des Affaires étrangères de la RPC ou un Bureau des affaires étrangères provincial)
  4. Traduction certifiée en français ou en anglais de l’original chinois (doit être produite par un traducteur membre de l’OTTIAQ ou d’une autorité équivalente au Québec)
  5. Actes de naissance des deux époux (avec noms des parents) et traductions correspondantes
  6. En cas de mariage antérieur, fournir le jugement de divorce ou l’acte de décès de l’ex-conjoint

Frais : L’enregistrement d’un mariage étranger auprès du DLNF est gratuit ; les frais de traduction et d’apostille restent à la charge du demandeur (à titre indicatif : traduction professionnelle d’un acte de mariage en chinois, environ 150 à 300 $ CA par document)

Délai de traitement : Environ 45 jours ouvrables (soit environ 9 semaines civiles)

Coordonnées du DLNF :

> Conseil pratique : L’enregistrement n’est pas obligatoire — la reconnaissance du mariage par l’IRCC et l’inscription auprès du DLNF sont deux procédures indépendantes. Cependant, si les époux se retrouvent impliqués dans des démarches juridiques au Québec (notamment divorce, partage de biens ou succession), un enregistrement au DLNF simplifiera considérablement la charge de la preuve. Il est recommandé de procéder à cet enregistrement dans les 6 mois suivant l’obtention de la résidence permanente et l’établissement du conjoint au Québec.

VII. Quels mariages chinois peuvent être invalides ou non reconnus au Canada ?

Tous les mariages légalement enregistrés en Chine ne bénéficient pas nécessairement d’une reconnaissance juridique au Canada. Les six situations suivantes méritent une attention particulière :

7.1 Mariage par procuration (代理婚姻)

L’IRCC ne reconnaît pas les mariages par procuration, c’est-à-dire les mariages célébrés en l’absence physique de l’un ou des deux époux. Depuis 2015, le Canada exclut explicitement les mariages par procuration dans le cadre des demandes d’immigration familiale. Même si ce mariage est valide selon le droit chinois (ou celui d’un autre pays), si l’une des parties n’était pas personnellement présente lors de la cérémonie, l’IRCC refusera de le reconnaître comme fondement d’une relation conjugale aux fins du parrainage familial.

7.2 Mariage entre cousins : parents collatéraux jusqu’au troisième degré

Il s’agit de l’un des pièges les plus propres au contexte chinois. Le droit chinois interdit expressément le mariage entre parents collatéraux jusqu’au troisième degré (soit les descendants d’un même couple de grands-parents, comme les cousins germains). Bien que certaines coutumes rurales ou pratiques locales aient historiquement toléré ces unions, la loi en vigueur ne les autorise pas.

La Loi canadienne sur le mariage (degrés prohibés) (Marriage (Prohibited Degrees) Act) interdit également les mariages consanguins, avec un champ d’application encore plus large incluant certains liens adoptifs. Si un couple de cousins a réussi à faire enregistrer son mariage en Chine (par exemple en dissimulant le lien de parenté), ce mariage ne sera pas reconnu au Canada, et la demande de parrainage correspondante sera refusée.

7.3 Mariage contracté avant l’âge légal

L’âge légal du mariage en Chine est de 22 ans pour les hommes et de 20 ans pour les femmes. La Loi fédérale sur le mariage civil (Civil Marriage Act) du Canada exige que les deux parties aient au moins 16 ans (certaines provinces exigent 18 ans avec le consentement parental). Si le mariage a été contracté alors qu’une des parties n’avait pas atteint l’âge légal requis dans l’un ou l’autre pays, l’IRCC ne le reconnaîtra pas.

7.4 Mariage antérieur non dissous (bigamie)

Si l’une des parties contractait un nouveau mariage alors qu’un mariage antérieur n’avait pas encore été dissous par un divorce légal ou le décès de l’ex-conjoint, ce nouveau mariage constitue une bigamie (bigamie), infraction criminelle au Canada (article 290 du Code criminel), et constitue également un motif légal de refus de reconnaissance par l’IRCC.

Dans le contexte transfrontalier sino-canadien, les situations suivantes méritent une vigilance particulière :

  • Le demandeur avait contracté un mariage en Chine et a divorcé uniquement par accord mutuel au Bureau des affaires civiles, mais a omis de fournir une copie du certificat de divorce
  • Le jugement de divorce a été prononcé dans un pays tiers ; la reconnaissance de ce jugement par le Canada doit faire l’objet d’une vérification distincte

> Voir EP8 (bigamie et polygamie transfrontalière) et EP10 (divorce transfrontalier) pour une analyse plus approfondie.

7.5 Mariage contracté sous la contrainte ou par fraude

En vertu du RIPR §4, un mariage contracté principalement dans le but d’obtenir un statut d’immigration (même s’il est légal dans le lieu de célébration) n’est pas reconnu dans le cadre du droit canadien de l’immigration. Par ailleurs, un mariage contracté sous la contrainte, par fraude ou sans capacité civile constitue en droit commun canadien un mariage annulable (voidable marriage).

7.6 Divorce transfrontalier incomplet (certificat de divorce non traduit ou non certifié)

Il ne s’agit pas d’une invalidité du mariage lui-même, mais d’un piège documentaire fréquent : le demandeur s’est remarié après un divorce en Chine, mais omet de joindre à sa demande adressée à l’IRCC le certificat de divorce de son premier mariage et sa traduction, empêchant ainsi l’IRCC de vérifier la validité de son mariage actuel, ce qui entraîne la suspension ou le refus de la demande.

VIII. Examen par l’IRCC dans le cadre du parrainage : signaux d’alarme propres aux dossiers chinois

Dans l’épisode précédent (EP1), nous avons analysé en détail le cadre général d’évaluation de l’authenticité du mariage aux fins de parrainage. Le présent épisode se concentre sur les facteurs de risque spécifiques aux demandeurs ayant un contexte chinois, qui constituent les schémas particulièrement surveillés par les bureaux des visas de l’IRCC à Guangzhou et à Pékin lors de l’examen des demandes chinoises.

8.1 Mode d’établissement de la relation

  • Relation initiée uniquement par WeChat ou en visioconférence, sans jamais avoir résidé dans la même ville : Ce seul fait ne constitue pas en lui-même un motif de refus, mais l’absence de toute preuve de rencontre physique (billets d’avion, réservations d’hôtel, photos) sera notée
  • Mariage très rapide : Enregistrement du mariage quelques semaines après la rencontre, sans explication convaincante de l’accélération de la décision (emploi dans la même ville, présentation par les parents via une plateforme matrimoniale, etc.)
  • Mariage arrangé par un intermédiaire ou à l’initiative des parents : Pratique tout à fait normale dans la culture chinoise, mais qui nécessite des pièces explicatives supplémentaires, car le cadre de référence occidental de l’IRCC peut ne pas appréhender correctement les « mariages arrangés par les parents »

8.2 Écart d’âge et motivations économiques

  • L’IRCC surveille les écarts d’âge supérieurs à 10 ans (notamment un homme plus âgé épousant une femme plus jeune) ; cela n’entraîne pas un refus automatique, mais une note explicative sur le contexte de la relation est recommandée
  • Conjoint parrainé dans une situation économique nettement moins favorable que le répondant : Si la personne parrainée vient d’une région économiquement défavorisée et que le répondant dispose de revenus élevés et d’une situation stable au Canada, l’agent d’immigration peut s’interroger sur les motivations du mariage
  • Demande déposée immédiatement après le mariage, avec peu de preuves de la relation : Photos de vie commune limitées au seul jour du mariage, sans suivi ultérieur

8.3 Antécédents en matière d’immigration

  • Si la personne parrainée s’est déjà vu refuser un visa de visiteur, d’études ou de travail canadien, ce fait doit être divulgué honnêtement dans les documents avec une explication
  • La personne parrainée a séjourné illégalement au Canada ou dans un autre pays
  • Le répondant a déjà parrainé un autre conjoint (mariage antérieur) ; si l’historique du mariage antérieur n’est pas divulgué intégralement, cela constitue un signalement majeur

8.4 Authenticité des documents

  • Tout signe visible de modification sur les actes de naissance, actes de mariage ou autres documents chinois soumis déclenchera une procédure d’analyse documentaire
  • Divergences entre la traduction et l’original (fréquentes avec les traductions non professionnelles)
  • Dépôt d’une copie certifiée conforme au lieu d’une apostille (après le 11 janvier 2024, la légalisation consulaire selon l’ancien format n’est pas le format privilégié dans les situations couvertes par la Convention ; même si elle n’entraîne pas nécessairement un refus direct, elle peut susciter des vérifications supplémentaires)

8.5 Le système des « quatre piliers » de preuves recommandé

Selon les directives internes de l’IRCC (issues des politiques publiques et de l’analyse de la jurisprudence), les quatre catégories de preuves suivantes forment ensemble une démonstration solide de l’authenticité du mariage :

  1. Reconnaissance sociale : Preuves que les deux familles connaissent et acceptent le mariage (photos de famille, témoignages d’amis et de proches, liste des invités au mariage)
  2. Cohabitation / résidence commune : Contrat de location, adresse commune, relevés bancaires
  3. Liens financiers : Compte joint, relevés de dépenses communes, historique de virements
  4. Historique des communications : Captures d’écran de conversations WeChat (avec chronologie), journaux d’appels, correspondances échangées

IX. Plan d’action pratique : calendrier complet du mariage chinois à la résidence permanente canadienne par parrainage

Ce qui suit est la liste des actions par phase pour la voie standard (mariage en Chine puis parrainage hors du Canada), fournie à titre de référence :

Phase 1 : Préparation avant le mariage (environ 1 à 3 mois)

  • Confirmer que les deux parties satisfont à l’âge légal du mariage en Chine (homme : 22 ans, femme : 20 ans)
  • Confirmer que les deux parties n’ont pas de mariage antérieur non dissous (le cas échéant, finaliser le divorce et obtenir le certificat de divorce au préalable)
  • Si la partie étrangère est ressortissante canadienne, demander à l’avance auprès d’Affaires mondiales Canada une « Déclaration tenant lieu de certificat de non-empêchement au mariage à l’étranger » et suivre la procédure d’apostille du ministère de la Justice du Québec
  • Préparer les photos communes (format 2 pouces, 3 exemplaires)

Phase 2 : Enregistrement du mariage en Chine (environ 1 à 2 jours)

  • Prendre rendez-vous via le site Web ou l’application du bureau des affaires civiles (民政局)
  • Les deux parties se présentent en personne avec leur carte d’identité (le livret de famille est facultatif) et les photos
  • L’acte de mariage (结婚证) peut être retiré le jour même ou le lendemain (un exemplaire par époux)

Phase 3 : Apostille et traduction (environ 2 à 4 semaines)

  • Prendre rendez-vous via le mini-programme Alipay « Centre de services consulaires » (领事服务中心) et demander l’apostille (traitement ordinaire : 5 à 7 jours ouvrables)
  • Une fois l’apostille reçue, confier la traduction de l’acte de mariage (y compris la page de l’apostille) à un cabinet professionnel
  • Procéder en parallèle à l’apostille et à la traduction des actes de naissance

Phase 4 : Dépôt de la demande de parrainage (le dépôt fait courir les délais)

  • Le répondant (au Canada) remplit la demande du répondant (IMM 1344)
  • Soumettre simultanément le dossier du bénéficiaire (avec acte de mariage, apostille, traductions, actes de naissance, preuves de la relation, etc.)
  • Payer les frais (référence 2026 : frais de traitement du répondant + frais de demande de résidence permanente, environ 1 560 $ CA au total)
  • Une fois la réception confirmée par l’IRCC, la personne parrainée peut rester en Chine et attendre, ou se rendre au Canada avec un visa de visiteur pour accompagner le répondant

Phase 5 : Collecte des données biométriques et entretien (selon le cas)

  • L’IRCC convoquera la personne parrainée pour la collecte des empreintes digitales et d’une photo dans un centre désigné (VAC / Centre de réception des demandes de visa)
  • Certains dossiers (notamment ceux présentant des signaux d’alarme) peuvent faire l’objet d’un entretien, généralement au bureau des visas de Guangzhou ou à l’ambassade de Pékin

Phase 6 : Approbation et atterrissage

  • Réception du Certificat de résidence permanente (CRP/COPR) et de la vignette de visa
  • Entrée au Canada avant l’expiration du visa (généralement dans les 60 jours suivant la délivrance)
  • L’agent d’immigration procède à la vérification des informations à l’atterrissage ; la carte de résidence permanente est envoyée par courrier à l’adresse enregistrée dans les semaines suivantes

Phase 7 (étape supplémentaire pour les résidents du Québec)

  • Une fois le conjoint arrivé et établi comme résident habituel au Québec, soumettre une demande d’inscription de mariage étranger au DLNF (recommandé dans les 6 mois suivant l’obtention de la résidence permanente)

X. Foire aux questions (FAQ)

Q1 : Pour obtenir une apostille sur un acte de mariage chinois, faut-il obligatoirement se présenter en personne au ministère des Affaires étrangères ?

Non. Selon la réglementation actuelle du ministère des Affaires étrangères de la RPC, le demandeur peut mandater une tierce personne pour effectuer la démarche, à condition de fournir une procuration. Par ailleurs, le ministère propose un service de dépôt par courrier via le mini-programme Alipay « Centre de services consulaires » (领事服务中心) : les documents sont envoyés au ministère par courrier express et retournés par le même moyen après traitement. Aucun déplacement à Pékin ou au bureau des affaires étrangères local n’est nécessaire.

Q2 : Mon acte de mariage date de plus de 5 ans — puis-je encore demander une apostille ? Y a-t-il un problème de « péremption » ?

L’acte de mariage en lui-même n’a pas de date d’expiration — il consigne un fait juridique accompli. Une apostille peut être demandée pour un acte de mariage de n’importe quelle année, sans limite de temps. Toutefois, l’IRCC peut avoir une préférence pour les documents récemment certifiés (il est généralement conseillé de procéder dans les 3 à 6 mois précédant le dépôt de la demande) ; en cas de doute, vous pouvez joindre à votre dossier une lettre d’accompagnement (Cover Letter) expliquant la date d’origine du document.

Q3 : Mon époux/épouse et moi sommes cousins germains. L’enregistrement du mariage en Chine sera-t-il refusé ?

La loi chinoise (Loi sur le mariage et Code civil en vigueur) interdit expressément le mariage entre parents collatéraux jusqu’au troisième degré, c’est-à-dire les personnes partageant les mêmes grands-parents (cousins germains inclus) ; le Bureau des affaires civiles doit refuser de tels enregistrements. Si le mariage a été enregistré par quelque moyen que ce soit, il fera l’objet d’un examen rigoureux dans le cadre de la demande d’immigration canadienne et pourrait ne pas être reconnu en vertu de la Loi canadienne sur le mariage (degrés prohibés). Dans cette situation, il est impératif de consulter un avocat autorisé.

Q4 : Je suis déjà résident permanent au Canada. Mon conjoint chinois vient me rendre visite avec un visa de touriste. Peut-il se marier au Canada puis demander un parrainage intérieur ?

Oui, mais plusieurs points sont à prendre en compte :

(1) Le conjoint doit détenir un statut d’entrée légale au Canada au moment du mariage (visa de visiteur en cours de validité) ;

(2) Pour un mariage au Québec, la publication de l’avis de mariage auprès du DLNF pendant au moins 20 jours civils doit avoir été effectuée préalablement, et les pièces requises (dont les traductions) doivent être réunies ;

(3) Une fois la demande de parrainage intérieur (Inland Sponsorship) soumise, le conjoint peut attendre au Canada, mais ne peut pas quitter le pays (tout départ entraîne le transfert de la demande vers le traitement hors du Canada), sauf s’il a également soumis une demande de permis de travail ouvert de transition (Bridging Open Work Permit) déjà approuvée ;

(4) Si le visa du conjoint expire pendant son séjour au Canada, il doit régulariser son statut (Status to Remain) dans les délais requis.

Q5 : J’ai entendu dire que l’IRCC ne reconnaît pas les « mariages en ligne » ni les « cérémonies par vidéo » — quel est le lien avec un mariage légalement enregistré en Chine ?

L’IRCC ne reconnaît expressément pas les mariages par procuration (proxy marriage) — c’est-à-dire les mariages célébrés en l’absence physique de l’une ou des deux parties. Cela est parfaitement cohérent avec la réglementation chinoise du Bureau des affaires civiles : l’enregistrement du mariage en Chine exige la présence simultanée et personnelle des deux parties ; toute forme de représentation ou de délégation est refusée. Par conséquent, un mariage légalement enregistré auprès du Bureau des affaires civiles chinois satisfait naturellement à l’exigence de présence personnelle. Attention toutefois : certaines personnes n’ont célébré qu’une cérémonie traditionnelle (banquet de mariage) sans passer par l’enregistrement officiel au Bureau des affaires civiles — ce type d’union non enregistrée n’est pas reconnu par l’IRCC ; les intéressés doivent procéder à l’enregistrement officiel avant de présenter une demande.

Q6 : L’enregistrement auprès du DLNF au Québec est-il obligatoire ? L’absence d’enregistrement a-t-elle une incidence sur le statut d’immigration ?

L’enregistrement auprès du DLNF n’est pas une obligation au regard du droit fédéral de l’immigration canadien ; l’IRCC n’exige pas que le demandeur ait complété l’enregistrement auprès du DLNF pour traiter la demande de parrainage. Les deux procédures sont indépendantes et servent des objectifs différents. La valeur de l’enregistrement auprès du DLNF réside dans la commodité juridique au Québec : en cas de divorce, de partage de biens ou de succession, un mariage enregistré simplifiera considérablement la démarche probatoire. Pour les couples s’établissant durablement au Québec, cet enregistrement est fortement recommandé, mais n’influe pas sur l’issue de la demande d’immigration fédérale.

Q7 : Le répondant a déjà été marié et a divorcé. Cela affectera-t-il la demande de parrainage de son conjoint actuel ?

Le mariage antérieur en lui-même ne constitue pas un obstacle au parrainage, mais le certificat de divorce doit être intégralement divulgué et soumis à l’IRCC. Si le répondant a précédemment parrainé une autre personne à titre de conjoint (c’est-à-dire un ex-conjoint), une attention particulière s’impose : si cet ex-conjoint parrainé n’a pas encore obtenu la résidence permanente, la « période de responsabilité de parrainage de 5 ans » du répondant peut ne pas encore être écoulée, ce qui peut soulever des questions. Pour plus de détails, consulter la section correspondante de l’EP1 (parrainage conjugal) ou un avocat.

Sources

  1. Communiqué du ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine (23 octobre 2023) : La Convention supprimant l’exigence de la légalisation des actes publics étrangers entre en vigueur en Chine le 7 novembre 2023. www.mfa.gov.cn
  2. Service consulaire en ligne de la Chine — Guide pour l’obtention d’une apostille (Ministère des Affaires étrangères de la RPC) : cs.mfa.gov.cn/zggmcg/fjzms/
  3. IRCC Canada — Parrainer votre époux ou conjoint de fait, partenaire ou enfant à charge : ircc.canada.ca
  4. Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (DORS/2002-227), R2(1), art. 117 : laws-lois.justice.gc.ca
  5. Directeur de l’état civil du Québec — Enregistrement d’un mariage étranger : www.etatcivil.gouv.qc.ca
  6. Gouvernement du Québec — Apostille (date d’entrée en vigueur : 11 janvier 2024) : www.quebec.ca/en/justice-and-civil-status/services/apostille
  7. Ministère des Affaires civiles de la République populaire de Chine — Règlement sur l’enregistrement du mariage (国务院令第804号, en vigueur à partir du 10 mai 2025) : www.gov.cn
  8. Affaires mondiales Canada — Déclaration tenant lieu de certificat de non-empêchement au mariage à l’étranger : www.international.gc.ca
  9. Centre d’aide de l’IRCC — L’IRCC reconnaît-il les mariages par procuration ? ircc.canada.ca/helpcentre
  10. Notaire Linca — Guide complet du mariage civil au Québec 2026 : notairelinca.com

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