Transfrontalier avancé : parents ou enfants non-résidents — impôts et déclarations supplémentaires sur l’héritage immobilier au Canada

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Héritage transfrontalier non-résident Canada 2026

Résumé IA : Les déclarations supplémentaires lorsqu’un parent ou un enfant est non-résident

Le Canada ne perçoit pas d’« impôt successoral », mais dès qu’une partie à la transaction est non-résidente, l’ARC (Agence du revenu du Canada) exige un certificat de conformité supplémentaire et une retenue supplémentaire : 1. La disposition de biens canadiens par un non-résident doit obligatoirement passer par la procédure de l’article 116, et le taux de retenue est passé de 25 % à 35 % depuis le 1er janvier 2025 (50 % pour les biens amortissables) ; 2. L’enfant résident canadien qui hérite d’un bien à l’étranger n’est pas imposé du côté canadien, mais doit produire le formulaire T1135 si le coût de ses biens locatifs et autres biens étrangers déterminés dépasse 100 000 $ CAD ; 3. Lorsqu’un bien canadien est laissé à un enfant non-résident, les loyers et distributions subissent une retenue de la partie XIII de 25 % ; 4. Sur l’axe Canada–États-Unis : la loi OBBBA (One Big Beautiful Bill Act) a rendu permanente l’exonération à vie de l’impôt successoral américain à 15 000 000 $ USD par personne, mais le résident canadien doit toujours invoquer l’article XXIX-B de la convention pour obtenir le crédit unifié au prorata. Trois mises à jour clés en 2026 : la TLSU (Taxe sur les logements sous-utilisés) est abolie à compter de l’année 2025, la TSL (Taxe de spéculation et de logements vacants) de la C.-B. passe à 3 %, et l’interdiction d’achat par les non-Canadiens est prolongée jusqu’au 1er janvier 2027 (l’héritage demeure exclu).

Conclusions clés (BLUF)

  1. Qui est « non-résident » détermine toute la chaîne fiscale. Le Canada ne perçoit pas d’« impôt successoral », mais récupère l’impôt par deux mécanismes : l’impôt sur les gains en capital découlant de la « disposition réputée » du défunt, et la retenue d’impôt à la source lorsque des sommes sont versées à un non-résident (article 116 / partie XIII). Dès qu’une partie à la transaction est non-résidente, l’ARC exige un certificat de conformité supplémentaire et un taux de retenue plus élevé.
  2. Bien canadien détenu, vendu ou hérité par un non-résident : la procédure du certificat de conformité de l’article 116 est obligatoire, et depuis le 1er janvier 2025, le taux de retenue est passé de 25 % à 35 % (et peut atteindre 50 % pour les biens amortissables). C’est le changement le plus déterminant à compter de 2025.
  3. L’enfant résident canadien qui hérite d’un bien situé en Chine continentale ou à Hong Kong : le Canada n’impose pas l’héritage en lui-même; toutefois, dès que le coût total des biens étrangers déterminés (immeuble locatif, comptes étrangers, etc.) dépasse 100 000 $ CAD, il faut produire le T1135. Le bien étranger à usage personnel n’entre pas dans le calcul de ce seuil.
  4. Parent résident canadien décédé qui laisse un bien canadien à un enfant non-résident : la T1 finale du parent déclare normalement la disposition réputée; toute somme versée par la succession ou tirée du bien (loyer, distribution de fiducie) à l’enfant non-résident est soumise à la retenue de la partie XIII au taux de 25 %, taux qui peut être réduit en vertu d’une convention (selon la convention Canada–Chine, le loyer demeure généralement à 25 %; il est possible d’opter pour la retenue sur le revenu net via le choix NR6 jumelé à la déclaration en vertu de l’article 216).
  5. Axe transfrontalier Canada–États-Unis : à compter de 2026, la loi One Big Beautiful Bill Act (OBBBA) rend permanente l’exonération à vie de l’impôt fédéral successoral américain à 15 000 000 $ USD par personne (30 000 000 $ pour un couple). La crise dite du « TCJA réduit de moitié en 2026 » est désormais évacuée par voie législative. Toutefois, un résident canadien laissant des biens immobiliers américains au décès doit toujours invoquer l’article XXIX-B de la convention fiscale Canada–États-Unis pour obtenir un crédit unifié au prorata.
  6. Trois mises à jour 2026 à surveiller :
    • Taxe sur les logements sous-utilisés (TLSU) : conformément au projet de loi C-15 sanctionné le 26 mars 2026, la TLSU est abolie à compter de l’année d’imposition 2025; il n’y a plus de déclaration ni de paiement à faire. Les pénalités pour les déclarations tardives des années 2022-2024 demeurent toutefois en vigueur.
    • Taxe de spéculation et de logements vacants (TSL) de la C.-B. : à compter de 2026, le taux applicable aux propriétaires étrangers passe de 2 % à 3 %; le taux applicable aux résidents canadiens passe de 0,5 % à 1 %.
    • Loi fédérale sur l’interdiction d’achat de propriétés résidentielles par des non-Canadiens : l’interdiction est prolongée jusqu’au 1er janvier 2027, mais l’héritage, le divorce et le don ne sont pas considérés comme un « achat »; la propriété peut donc tout de même être acquise par ces voies.

I. Scénario A — Parent non-résident décède, bien canadien laissé à l’enfant résident canadien

1. La disposition réputée au décès s’applique toujours

Le non-résident n’est pas imposé au Canada sur son revenu mondial, mais ses « biens canadiens imposables (BCI) » — y compris les biens immobiliers canadiens — sont réputés faire l’objet, au moment du décès, d’une disposition à leur juste valeur marchande (paragraphe 70(5) de la Loi de l’impôt sur le revenu). Le gain en capital (JVM − PBR, multiplié par le taux d’inclusion applicable) génère un impôt fédéral et provincial au Canada. Le Canada conserve son droit d’imposer les biens immobiliers situés sur son territoire, et aucune convention fiscale ne peut écarter ce droit (logique de l’article 13(1) du Modèle OCDE, suivie tant par la convention Canada–Chine que par la convention Canada–États-Unis).

2. Article 116 et la « seconde du décès » — un malentendu fréquent

Stricto sensu, la disposition réputée du paragraphe 70(5) ne déclenche pas l’obligation du certificat de conformité de l’article 116 (interprétation technique de l’ARC, document 2013-0493911E5). Mais en pratique :

Au sens strict : la disposition réputée « à la seconde du décès » du para. 70(5)
              → n'enclenche pas le certificat de conformité de l'article 116

Mais en pratique :
• Lorsque l'exécuteur ou le bénéficiaire vend ou transfère réellement le bien
  par la suite, et que la succession ou l'héritier est non-résident
  → cette disposition-là doit suivre la procédure de l'article 116
• Si la succession est d'abord distribuée à l'enfant résident canadien
  qui revend ensuite le bien, il s'agit alors d'une disposition par un résident
  → l'article 116 ne s'applique plus

Ainsi, la nécessité de demander un certificat de conformité de l’article 116 dépend de la qualité de résident ou de non-résident du propriétaire au moment de la distribution ou de la vente.

3. Le certificat de conformité de l’article 116 et les taux de retenue (situation en vigueur en 2026)

Lorsqu’un non-résident dispose d’un bien immobilier canadien (de son vivant ou pendant l’administration de la succession), l’acheteur a l’obligation de retenir sur le prix de vente brut :

  • 35 % (depuis le 1er janvier 2025, contre 25 % auparavant) pour les biens non amortissables (résidences ordinaires);
  • 50 % pour les biens amortissables (par exemple la composante bâtiment d’un immeuble locatif).

Le vendeur doit, avant la transaction, déposer un T2062 (biens non amortissables) ou un T2062A (biens amortissables); après examen, l’ARC délivre un certificat de conformité T2064 / T2068 qui ramène la retenue au niveau « gain estimé × 35 % », et l’excédent peut être restitué dans le cadre de la transaction.

Taux de retenue depuis le 1er janvier 2025 :
  Bien non amortissable (résidence ordinaire) → 35 % (auparavant 25 %)
  Bien amortissable (bâtiment locatif)        → 50 %

Procédure de demande :
  T2062 / T2062A → examen par l'ARC → certificat de conformité T2064 / T2068
  → retenue calculée comme « gain en capital estimé × 35 % » (et non prix brut × 35 %)
  → l'excédent retenu est restitué dans le cadre de la transaction,
     généralement via le compte en fiducie de l'avocat

Rappel important : la retenue de 35 % a été annoncée dans l’Énoncé économique de l’automne 2024 du gouvernement fédéral et est en vigueur depuis 2025. Les cabinets fiscaux canadiens (Welch LLP, Marcil Lavallée, etc.) l’appliquent déjà, mais la circulaire IC72-17R6 de l’ARC conserve encore une rédaction reflétant l’ancien taux de 25 %. Pour toute transaction, il convient de se baser directement sur l’Énoncé économique de l’automne 2024 et sur la version courante du formulaire T2062.

4. Liste de contrôle de l’exécuteur (lorsque l’enfant résident canadien agit comme exécuteur)

  1. Demander un NII (numéro d’identification individuelle) pour le parent non-résident décédé — formulaire T1261;
  2. Aviser l’ARC de la disposition (dans les 10 jours);
  3. Déposer le T2062 / T2062A pour demander le certificat de conformité de l’article 116;
  4. Produire la T1 finale du défunt (échéance : le 30 avril de l’année suivant le décès ou 6 mois après le décès, selon la plus tardive);
  5. Faire homologuer le testament (probate / homologation / vérification du testament) dans la province où se trouve le bien — l’Ontario et la C.-B. perçoivent des frais d’homologation calculés selon des tranches de la valeur successorale (environ 1,4 % en C.-B., 1,5 % en Ontario);
  6. Coordonner la 继承公证 (procédure de notarisation d’héritage) en Chine continentale ou la procédure successorale à Hong Kong, et effectuer la SAFE 备案 (déclaration auprès de SAFE — Administration nationale des changes) lors du transfert de devises hors de Chine;
  7. Avant toute distribution, demander le certificat de décharge final (TX19) auprès de l’ARC; à défaut, l’exécuteur peut être tenu personnellement responsable des impôts impayés.

II. Scénario B — Parent non-résident donne de son vivant un bien canadien à l’enfant résident canadien

La législation fiscale canadienne assimile un don à une disposition à la juste valeur marchande — le parent non-résident demeure donc imposable au Canada sur le gain en capital, et la procédure de l’article 116 s’applique (retenue de 35 % / 50 %). Parallèlement :

  • Une fois le bien reçu, l’enfant résident canadien obtient un prix de base rajusté (PBR) = JVM au moment du don; tout gain en capital lors d’une vente future sera calculé à partir de ce nouveau coût de base.
  • Au chapitre des taxes provinciales sur l’achat par des étrangers (Ontario, C.-B.) : un véritable don ou héritage (sans contrepartie) n’est généralement pas considéré comme un « achat » et peut être exonéré de la NRST (Taxe sur la spéculation des non-résidents — 25 % en Ontario) ou de la taxe de transfert additionnelle de la C.-B. (20 %); il faut toutefois fournir les pièces justificatives (testament, preuve de lien familial) et présenter la demande d’exonération en vertu des dispositions précises de la loi provinciale sur les droits de mutation.
Au moment du don (côté parent non-résident) :
  Disposition réputée à la JVM → gain en capital canadien
  → certificat de conformité de l'article 116 (retenue 35 % / 50 %)

Au moment du don (côté enfant résident canadien) :
  PBR = JVM au moment du don (réinitialisation du coût de base)
  Gain calculé sur ce nouveau PBR à la revente future

Au chapitre des droits de mutation :
  ✓ NRST 25 % de l'Ontario — exonérable en cas de véritable don (demande à présenter)
  ✓ Taxe additionnelle 20 % de la C.-B. — exonérable en vertu de l'art. 14 de la PTT Act
                                          (transferts entre membres d'une famille)
  Documents requis : testament / preuve de lien familial / pièces d'identité des deux parties

III. Scénario C — Enfant résident canadien hérite d’un bien situé en Chine continentale ou à Hong Kong

1. Côté canadien

  • Le Canada n’impose pas le « revenu d’héritage » — le simple fait, pour l’enfant, de recevoir un héritage étranger n’entraîne aucun impôt sur le revenu.
  • Déclaration des biens étrangers (T1135 — Bilan de vérification du revenu étranger T1135) : dès lors que le coût total des « biens étrangers déterminés » détenus à un moment quelconque de l’année dépasse 100 000 $ CAD, la déclaration est obligatoire.
    • Le bien étranger à usage personnel (par exemple le condo familial laissé par le parent et utilisé pour les vacances familiales) n’est pas un bien étranger déterminé et n’entre pas dans le seuil;
    • Le bien étranger loué doit être inclus, et le revenu de location doit être déclaré;
    • Le PBR au moment de l’héritage est égal à la JVM à la date de l’héritage.
  • Vente future du bien étranger : le principe de l’imposition du revenu mondial s’applique — gain en capital calculé selon les règles canadiennes (taux d’inclusion de moitié), avec crédit pour impôt étranger (CIE) pour neutraliser l’impôt déjà acquitté dans le pays source (Chine ou Hong Kong).
L'héritage en lui-même (côté canadien) : aucun impôt sur le revenu ✅

Seuil de déclaration T1135 :
  Coût des biens étrangers déterminés > 100 000 $ CAD → déclaration obligatoire
  ✓ Bien étranger à usage personnel → non comptabilisé dans le seuil
  ✗ Bien étranger loué → doit être inclus + déclaration des loyers

Vente future :
  Gain en capital canadien (taux d'inclusion 50 %)
  + CIE pour neutraliser l'impôt déjà payé dans le pays source
  Point de départ du PBR = JVM à la date de l'héritage

2. Côté Chine continentale (impératif : recourir à un avocat ou à un comptable continental)

  • En 2026, la Chine continentale n’a ni impôt successoral ni droit de succession — le projet de loi historique (2002) n’a jamais été adopté.
  • Mais la vente ultérieure du bien hérité fait apparaître :
    • Impôt sur le revenu des personnes physiques généralement à 20 % sur le revenu de cession (lors de la revente d’un bien hérité, le coût d’origine retenu est celui du défunt, ce qui peut produire un gain considérable); exonération possible pour le bien dit « 满五唯一 » (résidence unique détenue depuis plus de cinq ans);
    • Impôt foncier sur la plus-value (土地增值税) : généralement exonéré pour les résidences personnelles;
    • Droit d’enregistrement (契税) — l’héritier en est habituellement exonéré; en cas de don, le droit demeure dû.
  • 继承公证 (notarisation d’héritage) : depuis 2016, la notarisation n’est plus obligatoire; il est possible de se rendre directement au centre d’enregistrement des biens immobiliers, mais la présence ou la procuration notariée de tous les héritiers est exigée. À Beijing, Shanghai, Guangzhou, Shenzhen, les successions à composante étrangère sont traitées par les sections internationales d’études notariales désignées; les délais d’attente peuvent aller de plusieurs semaines à plusieurs mois.
Calendrier type d'une succession à composante étrangère en Chine continentale :

Étape 1  Rassembler les documents du défunt (livret de famille / certificat de décès / titre de propriété)
Étape 2  L'enfant canadien fournit : pièces d'identité + preuve de lien familial
         + apostille de La Haye / légalisation consulaire
Étape 3  Procéder à la 继承公证 à l'étude notariale du lieu du bien
         (de quelques semaines à plusieurs mois)
Étape 4  Transfert de propriété au centre d'enregistrement immobilier
Étape 5  En cas de revente future : impôt sur le revenu de 20 %
         (coût d'origine = celui du défunt) + exonération « 满五唯一 » possible;
         impôt foncier sur la plus-value généralement exonéré pour le résidentiel;
         droit d'enregistrement exonéré pour l'héritier
Étape 6  Sortie de devises : déclaration SAFE 备案 + due diligence bancaire,
         demande spécifique requise au-delà du quota individuel annuel de 50 000 $ USD

3. Côté Hong Kong

  • Hong Kong a aboli les droits de succession (Estate Duty) depuis le 11 février 2006 — pour tout défunt décédé après cette date, ses actifs hongkongais ne sont plus assujettis à l’impôt successoral.
  • La charge réelle se concentre désormais sur la procédure d’homologation (Probate) et sur les droits de timbre (l’héritage en lui-même est exonéré de droits de timbre, mais une réhypothèque ou un transfert subséquent suit son propre régime).

IV. Scénario D — Parent résident canadien décède, bien canadien laissé à l’enfant non-résident

1. La dernière année du parent

En tant que résident canadien, le parent déclare la totalité du gain en capital dans sa T1 finale au titre de la disposition réputée (en l’absence de conjoint héritier, il n’y a pas de roulement entre conjoints — spousal rollover). Le roulement entre conjoints ne s’applique que si le conjoint est résident canadien ou s’il s’agit d’une fiducie au profit du conjoint résident canadienun conjoint non-résident ne peut bénéficier du roulement, sauf disposition particulière d’une convention.

2. Une fois la succession entre les mains de l’enfant non-résident

  • Si le bien est transféré directement à l’enfant non-résident et conservé en location :
    • Le payeur du loyer (locataire ou gestionnaire de l’immeuble) doit retenir 25 % du loyer brut au titre de la partie XIII et le verser mensuellement à l’ARC;
    • En déposant un choix NR6 + un choix en vertu de l’article 216, on peut basculer à une retenue de 25 % sur le loyer net (après déduction des dépenses), et la déclaration en vertu de l’article 216 (T1159) est due au plus tard le 30 juin de l’année suivante.
    • La convention Canada–Chine, en matière de loyers (revenus de biens immobiliers), conserve au pays source un droit d’imposition intégral — la convention ne réduit pas le 25 %, contrairement à ce qui est prévu pour les dividendes ou les intérêts.
  • Si l’enfant non-résident vend le bien plus tard : on déclenche à nouveau l’article 116 (retenue de 35 % / 50 %) ainsi qu’une T1 finale du non-résident.
  • Si la succession conserve d’abord le bien puis distribue ensuite des liquidités : le paiement de la succession ou de la fiducie au bénéficiaire non-résident est réputé une distribution au sens du paragraphe 212(1)(c) de la LIR, donc soumis à la retenue de 25 % de la partie XIII (la convention peut moduler le taux : pour les « autres revenus », la convention Canada–Chine maintient généralement 25 %).
Si conservation du bien en location :
  Locataire / gestionnaire → retenue de 25 % du loyer brut (partie XIII), versée à l'ARC mensuellement
  ↓ Choix NR6 + choix en vertu de l'article 216 :
    Bascule vers une retenue de 25 % sur le loyer net
    Déclaration T1159 (article 216) due au 30 juin de l'année suivante
  Attention : la convention Canada–Chine conserve au pays source l'imposition intégrale du loyer
            → la convention ne réduit pas le 25 % (différent du régime des dividendes / intérêts)

Si l'enfant non-résident vend ultérieurement :
  Nouveau déclenchement de l'article 116 (retenue 35 % / 50 %)
  + T1 finale du non-résident

Si la succession conserve d'abord, puis distribue des liquidités :
  Distribution réputée — par. 212(1)(c) de la LIR
  → retenue de 25 % de la partie XIII (la convention Canada–Chine retient
                                       généralement 25 % pour les « autres revenus »)

3. Taxes provinciales sur les acheteurs étrangers

L’héritage en lui-même ne déclenche pas, en règle générale, la NRST de l’Ontario (25 %) ni la taxe additionnelle pour acheteurs étrangers de la C.-B. (20 %) — ces deux taxes ne visent que les « achats ». Toutefois, si l’enfant non-résident transforme par la suite ce bien hérité en immeuble locatif ou le remet en circulation, les taxes locales de la phase de détention entrent en jeu (TSL / TLSU).

V. Scénario E — Transfrontalier Canada-États-Unis : enfant canadien héritant de biens américains / parent canadien laissant des biens américains

1. Impôt successoral fédéral américain (U.S. Federal Estate Tax) — changement clé en 2026

  • L’OBBBA (One Big Beautiful Bill Act) a rendu l’exonération permanente : à compter du 1er janvier 2026, l’exonération à vie cumulée pour l’impôt fédéral successoral et l’impôt sur les dons est de 15 000 000 $ USD par personne (30 000 000 $ USD pour un couple), avec indexation à l’inflation à compter de 2027.
  • La « réduction de moitié vers ~7 M$ USD en 2026 » prévue à l’origine par la TCJA a été annulée par voie législative — il s’agit de la mise à jour la plus importante par rapport aux supports traditionnels de planification transfrontalière (expiration du TCJA évitée).
  • Mais l’exonération du non-résident américain non citoyen américain (NRA) demeure de seulement 60 000 $ USD — un parent résident canadien (non citoyen américain ni détenteur de carte verte) qui possède au moment de son décès un bien immobilier américain (par exemple une résidence de vacances en Floride) demeure assujetti à l’impôt successoral américain.
À compter du 1er janvier 2026 (OBBBA — permanence) :
  Exonération à vie de l'impôt successoral / sur les dons américain
    = 15 000 000 $ USD par personne (permanent)
  Couple = 30 000 000 $ USD
  Indexation à l'inflation à compter de 2027

Crise « TCJA réduit de moitié à ~7 M$ USD en 2026 » → écartée par voie législative ✅

Mais NRA (non-citoyen américain et non-résident américain) :
  → exonération demeure à seulement 60 000 $ USD
  → un parent résident canadien détenant un bien immobilier américain
    (résidence de vacances en Floride, etc.)
    reste tenu de produire et de payer l'impôt successoral américain

2. Article XXIX-B de la convention Canada–États-Unis — « crédit unifié au prorata » au décès d’un résident canadien

  • La convention Canada–États-Unis permet à la succession d’un défunt résident canadien d’obtenir une part proportionnelle du crédit unifié américain selon la formule : (actifs situés aux États-Unis ÷ actifs mondiaux) × crédit unifié d’un citoyen américain. Concrètement, le résident canadien peut profiter d’une « portion proportionnelle » de l’exonération américaine de 15 M$, plutôt que des seuls 60 000 $.
  • Exonération « petite succession » (paragraphe 8) : si la succession mondiale du défunt résident canadien ne dépasse pas 1 200 000 $ USD, l’impôt successoral américain ne porte plus que sur les biens immobiliers situés aux États-Unis ou sur un établissement stable américain; les autres actifs américains (par exemple les actions américaines) sont exonérés.
  • Au décès d’un résident canadien, il faut tout de même produire le formulaire 706-NA (déclaration successorale américaine du non-résident) pour invoquer les avantages de la convention.

3. Articulation impôt sur le revenu pour l’enfant canadien héritant d’un bien américain

  • Côté américain, on applique la majoration de la base (stepped-up basis) — l’enfant réinitialise le coût de base américain à la JVM à la date du décès du parent.
  • Côté canadien : le PBR = JVM à la date de l’héritage — donc essentiellement aligné sur le coût de base américain, ce qui évite un gain massif en une seule fois.
  • Lors de la vente, les États-Unis imposent en premier le bien immobilier situé aux États-Unis (retenue FIRPTA — Foreign Investment in Real Property Tax Act); le Canada permet de neutraliser cet impôt américain par le biais du crédit pour impôt étranger (CIE).
  • Pendant la détention : T1135 + T1135 partie B (en cas de loyers).
Côté É.-U. : majoration de la base (stepped-up basis)
  → l'enfant réinitialise le coût de base américain à la JVM au décès

Côté Canada : PBR = JVM à la date de l'héritage
  → essentiellement aligné sur le coût de base américain,
    évite un gain massif en une seule fois

À la vente :
  Les États-Unis imposent en premier le bien immobilier américain (retenue FIRPTA)
  Le Canada permet le CIE pour neutraliser cet impôt américain

Pendant la détention : T1135 + T1135 partie B (en cas de loyers)

4. Hong Kong et Chine continentale (rappel)

  • Hong Kong n’a pas de droits de succession; la difficulté transfrontalière porte surtout sur l’homologation, le transfert de devises et l’attribution d’un BCAN (numéro de client agréé bancaire);
  • La Chine continentale n’a pas d’impôt successoral, mais l’imposition à la revente est lourde et la procédure successorale est complexe.

VI. Impôts provinciaux côté acheteur et impôts de détention en interaction avec les transferts à des non-résidents (statut 2026)

Régime Territoire visé Taux Héritage exonéré ? Statut 2026
NRST de l’Ontario (Taxe sur la spéculation des non-résidents — TSE) Toute la province de l’Ontario 25 % en un seul versement Oui (un véritable héritage ou don n’est pas un « achat ») En vigueur
Additional PTT de la C.-B. — Impôt supplémentaire sur le transfert de propriété (BC) (taxe sur les acheteurs étrangers) Grand Vancouver, vallée du Fraser, CRD, Okanagan central, Nanaimo 20 % en un seul versement Oui (un véritable héritage ou don n’est pas un « achat », mais doit satisfaire à l’article 14 de la Property Transfer Tax Act sur les transferts familiaux) En vigueur
TSL de la C.-B. (Taxe de spéculation et de logements vacants) Zones désignées de la C.-B. Résidents canadiens 0,5 % → 1 %; propriétaires étrangers 2 % → 3 % (à compter de 2026) Non (impôt de détention) Hausse en 2026
TLSU (Taxe fédérale sur les logements sous-utilisés) Tout le pays 1 % par année Abolie à compter de 2025 (projet de loi C-15, sanctionné le 26 mars 2026)
Loi fédérale sur l’interdiction d’achat de propriétés résidentielles par des non-Canadiens Zones désignées (RMR / AR) Achat interdit Héritage, divorce et don exonérés Prolongée jusqu’au 1er janvier 2027

Rappels clés pour 2026 : les deux taux de la TSL de la C.-B. passent de 0,5 % / 2 % à 1 % / 3 %; pour les familles dont l’enfant non-résident continue de détenir un bien en C.-B. après héritage, c’est la variable de coût la plus immédiate en 2026. En parallèle, après la sanction royale du projet de loi C-15 le 26 mars 2026, la TLSU est abolie à compter de l’année d’imposition 2025; toutefois, les pénalités relatives aux déclarations tardives des années 2022-2024 demeurent en vigueur.

VII. Liste de contrôle pratique pour l’enfant résident canadien comme exécuteur de la succession d’un parent non-résident

  1. Confirmer immédiatement le statut de résidence fiscale : le parent répondait-il, dans la dernière année, aux critères du « résident de fait » (> 183 jours / liens de résidence principaux) ? S’il a déjà été qualifié de résident canadien, on bascule vers le scénario D.
  2. Demander un NII pour le défunt (T1261) — toutes les déclarations de non-résidents l’exigent en l’absence de NAS dans le système de l’ARC.
  3. Aviser l’ARC de la disposition (dans les 10 jours) → déposer le T2062 / T2062A pour demander le certificat de conformité de l’article 116 (attention à la fenêtre de retenue à 35 % / 50 %).
  4. Produire la T1 finale (échéance : le 30 avril de l’année suivant le décès ou 6 mois après le décès, selon la plus tardive).
  5. Faire homologuer le testament dans la province où se trouve le bien : Ontario ≈ 1,5 % de la valeur successorale; C.-B. ≈ 1,4 %; au Québec, les testaments notariés sont dispensés de l’homologation.
  6. Coordonner avec un avocat côté Chine ou Hong Kong : 继承公证 (notarisation d’héritage), conversion et sortie de devises, organisation de la disposition des biens du défunt en Chine continentale.
  7. Avant toute distribution, demander à l’ARC le certificat de décharge final (TX19) pour éviter d’engager la responsabilité personnelle de l’exécuteur.
  8. Si la succession comporte des bénéficiaires non-résidents → mettre en place le mécanisme de retenue de la partie XIII; en présence de loyers, jumeler avec un choix NR6 + déclaration en vertu de l’article 216.
  9. Évaluer si le T1135 doit être produit (en raison des soldes de comptes financiers étrangers ou canadiens conservés par l’enfant résident canadien après l’héritage).
  10. Volet transfrontalier (bien américain) → préparer simultanément le formulaire 706-NA et la documentation à l’appui de l’article XXIX-B de la convention.

VIII. Rappels en langage clair pour les clients

  • « Pas d’impôt successoral au Canada » ≠ « pas d’impôt au décès ». La disposition réputée + l’article 116 + la partie XIII forment une véritable « chaîne fiscale du décès ».
  • Une succession transfrontalière n’est pas un arbitrage « on choisit le pays le plus avantageux » — l’exonération d’un pays ne joue jamais automatiquement dans l’autre; la seule véritable réduction passe par la convention.
  • Le 35 % est le plus grand changement 2025-2026 — un cran au-dessus du 25 % qui figure encore dans la documentation traditionnelle. Les familles transfrontalières doivent particulièrement structurer, du vivant des parents, le coût de base, le financement et les fiducies de manière transparente et auditable.
  • Deux bonnes nouvelles en 2026 : abolition de la TLSU et exonération américaine permanente à 15 000 000 $ USD — mais la mauvaise nouvelle est la hausse de la TSL de la C.-B. à 3 % : les impôts locaux de détention continuent de se resserrer.
  • Le vrai point de douleur pour l’héritage en Chine continentale ne réside pas dans l’impôt, mais dans la procédure — la 公证 (procédure de notarisation), le contrôle des changes et la présence de plusieurs héritiers sont les étapes les plus chronophages. Prévoir 6 à 12 mois de préparation à l’avance.
Sources

ARC / Gouvernement canadien

  1. Canada Revenue Agency — IC72-17R6 Procedures Concerning the Disposition of Taxable Canadian Property by Non-Residents — Section 116
  2. CRA — Disposing of or acquiring certain Canadian property
  3. CRA — Form T2062 Request by a Non-Resident of Canada for a Certificate of Compliance
  4. CRA — T1135 Foreign Income Verification Statement
  5. CRA — Questions and answers about Form T1135
  6. CRA — T4144 Income Tax Guide for Electing under Section 216
  7. CRA — Filing and reporting requirements (NR6, Section 216)
  8. CRA — Rates for Part XIII tax
  9. CRA — IC76-12 Applicable rate of Part XIII tax on amounts paid or credited to persons in countries with which Canada has a tax convention
  10. CRA — What has changed — Underused Housing Tax

Gouvernement canadien / Législation

  1. Department of Finance Canada — Convention between Canada and the United States of America
  2. Department of Finance Canada — Agreement between Canada and the People’s Republic of China
  3. Department of Finance Canada — Agreement between Canada and Hong Kong (2012)
  4. Department of Finance — Two-year extension to ban on foreign ownership of Canadian housing
  5. Justice Laws Website — Income Tax Act, Section 116
  6. Justice Laws Website — Prohibition on the Purchase of Residential Property by Non-Canadians Act / Regulations

Autorités fiscales provinciales

  1. Ontario Ministry of Finance — Non-Resident Speculation Tax
  2. Ontario — NRST Exemptions
  3. Province of British Columbia — Additional property transfer tax for foreign entities and taxable trustees
  4. Province of British Columbia — Speculation and vacancy tax / Tax rates
  5. BC Government — 2025 Budget tax changes (SVT 3% effective 2026)
  6. BC Government News Release — Making homes available for people with speculation and vacancy tax (2026 rate increases)

IRS américain / Législation

  1. IRS — International Estate and Gift Tax Examinations (IRM 4.25.4)
  2. Arnold & Porter — Increases to the Federal Estate and Gift Tax Exemption Under the OBBBA
  3. Harter Secrest & Emery — 2026 Outlook: OBBBA, Permanent Estate Tax Exemptions

Ressources transfrontalières et professionnelles

  1. Cardinal Point Wealth Management — Cross-Border Death and Taxes — Planning for Canadians Dying with U.S.-Situs Assets (2025-07-22)
  2. BMO Private Wealth — U.S. Estate Tax for Canadians
  3. Manulife Investments — U.S. estate taxes for Canadian residents who aren’t U.S. citizens
  4. Welch LLP — Navigating Canadian Taxes for Non-Residents Owning Real Property
  5. Marcil Lavallée — Buying property from a non-resident: Increased withholding (35%)
  6. Raymond Chabot Grant Thornton — What Are the Tax Obligations Upon the Death of a Non-Resident?
  7. All About Estates — Death of a Non-Resident
  8. All About Estates — Non-Resident Beneficiary and Part XIII Withholding Tax
  9. Doane Grant Thornton — Underused Housing Tax: Impacts to Canadians and Non-Residents
  10. Cassels — NRST: Ontario’s 25% Land Transfer Tax Applies More Broadly Than You May Think

Chine continentale et Hong Kong

  1. PwC Tax Summaries — China, People’s Republic of — Individual — Other taxes (2026)
  2. China Justice Observer — Does China Have Inheritance Tax?
  3. China Justice Observer — How Do Foreigners Inherit Property in China?
  4. SinoBlawg — Tax issues in inheritance of estate properties in China
  5. Hong Kong Inland Revenue Department — Estate Duty (abolished 11 February 2006)
  6. Community Legal Information Centre HK — Abolition of Estate Duty

📚 Héritage immobilier et stratégies fiscales au Canada 2026

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  1. Pingback: Advanced Cross-Border: When Parents or Children Are Non-Residents — Extra Canadian Property Inheritance Taxes & Filings - 加拿大魁北克省思络法律移民律师

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