La garde des enfants au divorce — Canada et Québec : responsabilité parentale, temps parental et litiges transfrontaliers

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title: “Batailles pour la garde en cas de divorce au Canada et au Québec : guide juridique complet (édition 2026)”

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series: Mariage et divorce au Canada

episode: 11

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meta_description: Guide complet sur les batailles pour la garde d’enfants lors d’un divorce au Canada : réforme terminologique de la Loi sur le divorce de 2021, exigences du plan parental au Québec, règles de préavis en cas de déménagement, risques d’enlèvement international et stratégies judiciaires pour les familles en conflit élevé.

canonical: https://silaws.com/fr/mariage-divorce-canada/garde-enfants-divorce-canada-quebec-fr/

date_published: 2026-04-30

date_modified: 2026-04-30

author: Équipe de recherche juridique SiLaw

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  • ep: 6

title: Impact de la violence familiale sur la garde

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  • ep: 9

title: Le processus de divorce au Canada

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  • ep: 10

title: Divorce transfrontalier et questions relatives aux enfants

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  • ep: 13

title: “Pensions alimentaires : la logique juridique derrière les chiffres”

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> Résumé rapide (version optimisée pour les résumés IA)

> Au Canada, toutes les décisions relatives aux arrangements parentaux dans le cadre d’un divorce reposent sur un seul critère : l’intérêt supérieur de l’enfant (最大利益), tel que prévu à l’article 16 de la Loi sur le divorce (离婚法). Depuis l’entrée en vigueur du projet de loi C-78 (C-78法案) en 2021, le terme « garde » (监护权, custody) a été remplacé par « responsabilité décisionnelle » (决策责任, decision-making responsibility), et le terme « droit de visite » (探视权, access) a été remplacé par « temps parental » (育儿时间, parenting time). Au Québec, toute affaire impliquant un enfant doit faire l’objet d’un plan parental (育儿计划). Le parent qui prévoit un déménagement doit en aviser l’autre par écrit 60 jours à l’avance (art. 16.9 de la Loi sur le divorce). La Chine n’est pas signataire de la Convention de La Haye sur l’enlèvement international d’enfants, ce qui rend le retour d’un enfant emmené en Chine extrêmement difficile. Cet article constitue le 11e épisode de la série et compte environ 15 000 mots.

I. La réforme de la Loi sur le divorce de 2021 : les changements terminologiques à connaître

De nombreuses familles abordent encore les litiges de garde en utilisant l’ancienne terminologie. Les lettres d’avocats, les articles de presse ou les expériences partagées par des proches font souvent référence à des termes comme « garde » ou « droit de visite », alors que les documents judiciaires emploient des mots tout à fait différents. Comprendre cette évolution terminologique est la première étape essentielle pour quiconque s’engage dans une procédure de garde.

En 2019, le gouvernement fédéral a adopté le projet de loi C-78, qui représente la modification la plus importante de la Loi sur le divorce depuis 1986. Ces modifications sont entrées en vigueur le 1er mars 2021. Le changement le plus fondamental de cette réforme est l’abandon complet de l’ancienne terminologie associée à une logique de « gagnant/perdant », au profit de concepts plus neutres et davantage axés sur les besoins de l’enfant.

Tableau comparatif : ancienne et nouvelle terminologie

Ancienne terminologie (avant 2021) Nouvelle terminologie (après 2021) Signification réelle
Garde (监护权, Custody) Responsabilité décisionnelle (决策责任, Decision-making responsibility) Droit de prendre des décisions importantes concernant l’éducation, les soins médicaux, la religion et les activités parascolaires de l’enfant
Droit de visite (探视权, Access) Temps parental (育儿时间, Parenting time) Temps que l’enfant passe réellement avec l’un ou l’autre parent
Garde partagée (共同监护, Joint custody) Responsabilité décisionnelle partagée (共同决策责任, Shared decision-making responsibility) Les deux parents prennent ensemble les décisions importantes
Garde exclusive (单独监护, Sole custody) Responsabilité décisionnelle exclusive (单独决策责任, Sole decision-making responsibility) Un seul parent prend les décisions importantes
Résidence principale (主要监护方, Primary residence) Temps parental principal (主要育儿时间, Primary parenting time) Le parent chez qui l’enfant réside la majeure partie du temps
Calendrier de visite (探视安排, Access schedule) Calendrier de temps parental (育儿时间安排, Parenting time schedule) Emploi du temps détaillant le temps que l’enfant passe avec chaque parent

Pourquoi cette distinction est-elle si importante ? Dans l’ancien système, « détenir la garde » équivalait presque à tout gagner — le parent qui n’en bénéficiait pas avait souvent l’impression d’être le « perdant », ce qui attisait les conflits. Le nouveau système dissocie délibérément « où l’enfant réside » (temps parental) et « qui prend les décisions » (responsabilité décisionnelle), permettant ainsi aux tribunaux d’adapter les arrangements de manière plus souple selon les besoins spécifiques de chaque enfant.

Incidences pratiques : Il est tout à fait possible d’être le parent à résidence principale sur le plan du temps parental tout en partageant la responsabilité décisionnelle avec l’autre parent ; ou encore de partager le temps parental à parts égales (50/50) tout en accordant à un seul parent la responsabilité décisionnelle exclusive sur certaines questions précises, comme les décisions médicales.

> Lien avec d’autres épisodes : Pour l’impact de la violence familiale sur la garde, voir l’épisode 6, Voies de recours juridiques après la violence conjugale.

II. L’intérêt supérieur de l’enfant : le seul critère du tribunal

L’article 16 de la Loi sur le divorce (离婚法) énonce clairement que, lorsqu’un tribunal rend une ordonnance parentale ou une ordonnance de contact, il ne tient compte que de l’intérêt supérieur de l’enfant, sans considération pour les intérêts, la commodité ou les sentiments de l’un ou l’autre des parents.

Les 16 facteurs légaux d’appréciation

L’article 16(3) énumère les facteurs suivants (la liste n’étant pas exhaustive, le tribunal peut tenir compte d’autres facteurs selon les circonstances particulières de chaque affaire) :

  1. Les besoins de l’enfant, notamment sur les plans physique, affectif, psychologique, culturel et spirituel
  2. L’âge et le stade de développement de l’enfant
  3. Les opinions et préférences exprimées par l’enfant (avec le poids approprié selon son âge et sa maturité)
  4. La stabilité des liens de l’enfant avec sa famille, son école et sa communauté
  5. La nature et la qualité de la relation de chaque parent avec l’enfant
  6. La volonté de chaque parent de favoriser la relation de l’enfant avec l’autre parent (ce facteur est d’une importance capitale, voir ci-dessous)
  7. La relation de l’enfant avec ses frères et sœurs, ses grands-parents et autres personnes importantes
  8. Les antécédents de violence familiale impliquant des personnes en contact avec l’enfant (voir épisode 6)
  9. Les capacités de chaque parent, notamment à satisfaire les besoins de l’enfant et à communiquer et coopérer
  10. Les capacités de toute personne désignée par une ordonnance de contact
  11. La répartition actuelle et proposée des responsabilités de soins à l’enfant
  12. Toute déclaration de culpabilité au criminel d’un demandeur, dans la mesure où elle touche à la sécurité de l’enfant
  13. Le contexte culturel, linguistique, religieux et spirituel et l’héritage de l’enfant
  14. Tout constat de violence familiale déjà établi
  15. Le projet de déménagement d’un parent et son incidence sur la vie de l’enfant
  16. Tout plan d’un parent, y compris les projets de déménagement

Le principe de primauté : l’article 16(2) précise que, dans la mise en balance de tous les facteurs, le tribunal doit accorder la priorité à la sécurité physique, affective et psychologique de l’enfant. Ainsi, lorsqu’il existe des antécédents de violence familiale, le tribunal donne à ce facteur une importance prépondérante.

L’évolution du « principe de contact maximum » : l’ancienne loi prévoyait un « principe de contact maximum » (最大联系原则), présumant que l’enfant devait maintenir le plus grand contact possible avec ses deux parents. La nouvelle loi a supprimé cette présomption, la remplaçant par le libellé neutre de l’article 16(6) : dans la mesure où cela est conforme à l’intérêt supérieur de l’enfant, le tribunal doit s’assurer que l’enfant passe un temps adéquat avec chaque parent. La présomption a disparu, mais en pratique, un temps parental substantiel avec les deux parents demeure le résultat le plus courant.

III. Les types d’arrangements parentaux : trois modèles principaux

Tableau comparatif des trois modèles

Modèle Responsabilité décisionnelle Répartition du temps parental Situations d’application
Responsabilité décisionnelle exclusive + temps parental principal Un seul parent Un parent : environ 60-65 % ou plus ; l’autre bénéficie de visites régulières L’un des parents est manifestement inapte, absent depuis longtemps ou représente un risque pour la sécurité
Responsabilité décisionnelle partagée Les deux parents ensemble Peut être égal (50/50) ou inégal Les deux parents peuvent communiquer et coopérer ; niveau de conflit faible à modéré
Parentalité parallèle (Parallel Parenting) Chaque parent prend ses propres décisions pendant son temps parental Habituellement proche de l’égalité, ou l’un des parents est résidence principale Familles en conflit élevé, incapables de communiquer efficacement

#### Modèle 1 : responsabilité décisionnelle exclusive + temps parental principal

Il s’agit de la version moderne de l’ancienne « garde exclusive ». Le parent titulaire de la responsabilité décisionnelle exclusive peut prendre les décisions finales concernant l’école, les soins médicaux, la religion et les activités parascolaires de l’enfant, sans l’accord de l’autre parent. L’autre parent bénéficie généralement d’un temps parental régulier (par exemple, une fin de semaine sur deux, la moitié des vacances scolaires), mais ne participe pas aux décisions importantes.

Un tribunal n’accordera pas la responsabilité décisionnelle exclusive au seul motif que la relation entre les parents est mauvaise — il faut démontrer que la prise de décision conjointe causerait un préjudice réel à l’enfant.

#### Modèle 2 : responsabilité décisionnelle partagée

C’est l’arrangement le plus courant devant les tribunaux canadiens. Les deux parents doivent s’entendre sur les décisions importantes et, en cas de désaccord, tentent d’abord la médiation ou d’autres modes de résolution des conflits. La répartition du temps parental peut être équivalente (environ 50 % chacun) ou inégale.

Idée reçue fréquente : responsabilité décisionnelle partagée n’équivaut pas automatiquement à un temps parental de 50/50. Ce sont deux arrangements distincts que le tribunal évalue séparément.

#### Modèle 3 : parentalité parallèle (Parallel Parenting)

Ce modèle est conçu spécifiquement pour les familles en conflit élevé. Sa logique centrale est la suivante : puisque les deux parents ne peuvent pas communiquer efficacement, il convient de réduire au maximum les occasions où cette communication est nécessaire. Dans le cadre de la parentalité parallèle :

  • Les décisions quotidiennes courantes sont prises par le parent qui exerce son temps parental
  • Les décisions importantes sont soit régies à l’avance par un accord détaillé, soit facilitées par un médiateur tiers
  • Les communications entre les parents sont strictement limitées à l’écrit (souvent via des applications spécialisées telles qu’OurFamilyWizard) et portent exclusivement sur les affaires concernant l’enfant
  • Les échanges d’enfants ont lieu dans un lieu neutre ou par l’intermédiaire de l’école

Les tribunaux acceptent de plus en plus ce modèle dans les affaires à conflit élevé, plutôt que de contraindre les deux parents à une communication répétée qui échoue systématiquement.

IV. Le déroulement devant le tribunal de la famille au Québec : de l’introduction de l’instance au jugement final

La juridiction compétente

Au Québec, les affaires de divorce (entre époux mariés) relèvent de la Cour supérieure du Québec. Le 30 juin 2025, la Loi 56 du Québec (第56号法案) est entrée en vigueur, créant le nouveau régime d’union parentale (制度). Les partenaires non mariés en union de fait ayant des enfants communs voient leurs questions de garde également traitées par la Cour supérieure.

Les principales étapes de la procédure

Étape 1 : Introduction de l’instance (Demande introductive d’instance)

Le demandeur dépose une requête introductive d’instance auprès du tribunal, accompagnée d’un projet de plan parental. L’autre partie doit déposer une réponse dans le délai imparti.

Étape 2 : Ordonnance provisoire (Ordonnance provisoire / Mesures provisoires)

Pendant la durée de l’instance, le tribunal peut, à la demande d’une partie, rendre une ordonnance provisoire concernant les arrangements parentaux. La norme applicable est également l’intérêt supérieur de l’enfant, mais le tribunal se prononce rapidement sur la base des seuls documents écrits, généralement dans un délai de vingt minutes. L’ordonnance provisoire est automatiquement maintenue pendant 30 jours, et peut être prolongée jusqu’à six mois.

Principe important : une fois un arrangement provisoire établi, celui-ci tend à créer une « inertie de fait » — le jugement final a tendance à maintenir un arrangement provisoire qui a bien fonctionné. Il est donc crucial d’obtenir une ordonnance provisoire favorable dès le début de l’instance.

Étape 3 : Ordonnance de sauvegarde (Ordonnance de sauvegarde)

Lorsque la menace est imminente et qu’il n’est pas possible d’attendre une ordonnance provisoire (par exemple, si l’autre parent menace d’emmener l’enfant hors du pays), une ordonnance de sauvegarde peut être demandée. Cette ordonnance peut être rendue sans que l’autre partie soit présente, mais le demandeur doit fournir des preuves écrites suffisantes pour démontrer l’urgence.

Étape 4 : Médiation / Service de médiation familiale

Le Québec offre un service de médiation subventionné par l’État pour toutes les affaires familiales (chaque partie peut bénéficier de 5 à 7 heures de médiation gratuite). Le tribunal encourage généralement les parties à tenter la médiation avant d’entrer dans un procès formel.

Étape 5 : Homologation de l’accord ou audience au fond

Si la médiation aboutit, l’accord signé par les parties peut être soumis au tribunal pour homologation, ce qui lui confère force exécutoire. Si aucun accord ne peut être conclu, l’affaire est portée devant le tribunal pour une audience au fond : les parties présentent leurs preuves, font témoigner des témoins (y compris des experts), et le tribunal rend son jugement.

> Lien avec d’autres épisodes : Pour la procédure complète de divorce, voir l’épisode 9, Le processus de divorce au Canada : de l’introduction de l’instance au jugement.

V. L’expertise psychosociale : le rôle de l’expert nommé par le tribunal

Qu’est-ce que l’expertise psychosociale ?

Dans les litiges de garde, lorsque les parties s’opposent sérieusement sur l’état de l’enfant et sur les relations parent-enfant, le tribunal peut ordonner la réalisation d’une expertise psychosociale. Cette expertise est réalisée par les professionnels suivants :

  • Des psychologues inscrits au registre de l’Ordre des psychologues du Québec
  • Des travailleurs sociaux inscrits au registre de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec

Contenu de l’évaluation

L’expert procède généralement comme suit :

  • Entretiens séparés avec chaque parent, à plusieurs reprises
  • Observation des interactions parent-enfant (au bureau et à domicile)
  • Entretiens individuels avec l’enfant (adaptés selon son âge et sa maturité)
  • Consultation des dossiers scolaires, médicaux, psychologiques et autres documents pertinents
  • Tests psychologiques si nécessaire

Le rapport final exerce une influence déterminante sur la décision du tribunal. Dans de nombreuses affaires, le juge suit essentiellement les recommandations de l’expert.

Coûts et procédure

  • Service d’expertise psychosociale de la Cour supérieure du Québec : lorsque le juge ordonne directement le recours à ce service, les frais sont assumés par le gouvernement provincial ou sont gratuits
  • Expert privé engagé par accord des deux parties : les frais sont généralement partagés entre les parties ; une expertise par un expert privé coûte habituellement entre 5 000 $ et 15 000 $ CAD, voire davantage dans les affaires complexes
  • La durée du processus d’évaluation est habituellement de 3 à 6 mois

Particularité du Québec : absence d’un bureau de l’avocat des enfants équivalent

Contrairement à l’Ontario, qui dispose du Bureau de l’avocat des enfants (Office of the Children’s Lawyer, OCL), le Québec ne dispose pas d’un organisme indépendant équivalent. Au Québec, les professionnels qui représentent les intérêts de l’enfant sont principalement les experts psychosociaux susmentionnés ou, dans des situations particulières, un curateur ou tuteur ad hoc nommé par le tribunal — généralement un avocat — pour représenter l’enfant dans le cadre d’une procédure juridique spécifique.

VI. Le plan parental : un document obligatoire au Québec

Exigence légale

Au Québec, toutes les affaires familiales impliquant des arrangements pour les enfants — qu’il y ait contestation ou non — doivent être accompagnées d’un plan parental. Il s’agit d’une caractéristique importante qui distingue le Québec des autres provinces.

Contenu obligatoire du plan parental

Conformément au droit de la famille québécois et aux règles de procédure des tribunaux, un plan parental complet doit inclure :

Informations de base

  • Noms, adresses et dates de naissance des deux parents et des enfants
  • Coordonnées des avocats (le cas échéant)

Résidence et calendrier

  • Calendrier régulier du temps parental (avec dates et heures précises)
  • Arrangements pour les vacances : été, Noël/Nouvel An, Pâques, Nouvel An lunaire chinois (si applicable)
  • Anniversaire de l’enfant, anniversaires des parents
  • Jours fériés scolaires

Questions éducatives

  • École fréquentée (y compris le choix de la langue d’enseignement : école francophone ou anglophone ; arrangements pour l’école de langue chinoise)
  • Mécanisme de décision pour les activités parascolaires
  • Décisions concernant le tutorat et les besoins en éducation spécialisée

Santé et bien-être

  • Répartition des responsabilités pour les soins médicaux courants
  • Processus de décision en cas d’urgence médicale
  • Arrangements pour la consultation ou le traitement psychologique

Modalités de communication

  • Mode de communication entre les parents (courriel, application, téléphone)
  • Mode et fréquence des contacts entre l’enfant et le parent absent
  • Arrangements pour les contacts entre l’enfant et ses grands-parents et autres proches importants

Arrangements pour les échanges

  • Lieu d’échange (domicile, école, lieu neutre)
  • Répartition des responsabilités pour les échanges
  • Règles en cas de retard ou d’absence injustifiée lors des échanges

Mécanisme de résolution des désaccords

  • Procédure à suivre en cas de désaccord (médiation, concertation avec un tiers, etc.)

Partage d’informations

  • Mode de partage des bulletins scolaires, des rapports médicaux et autres informations

Documents et voyages

  • Modalités de conservation des passeports
  • Exigences de préavis et de consentement pour voyager à l’étranger avec l’enfant

Mécanisme de modification du plan

  • Circonstances nécessitant une renégociation
  • Procédure pour que les modifications prennent effet

Recommandations pratiques

Plus le plan parental est détaillé, moins il y a de risques de litiges par la suite. Certains détails sont souvent omis par les familles d’origine chinoise, notamment : les horaires fixes de l’école de langue chinoise, les arrangements pour les appels vidéo avec les proches en Chine, et la répartition des grandes fêtes traditionnelles chinoises (Nouvel An chinois, fête de la Mi-Automne). Il est recommandé d’inclure explicitement ces éléments dans le plan.

VII. Déménagement et droit à la relocalisation : l’article 16.9 de la Loi sur le divorce en détail

Règle fondamentale : préavis écrit de 60 jours

L’article 16.9 de la Loi sur le divorce (ajouté par la réforme de 2021) prévoit expressément que tout parent titulaire d’un temps parental ou d’une responsabilité décisionnelle qui prévoit de déménager (quelle que soit la distance) doit en aviser par écrit, au moyen du formulaire prescrit, toutes les autres personnes titulaires d’un temps parental, d’une responsabilité décisionnelle ou d’une ordonnance de contact, au moins 60 jours avant la date prévue du déménagement.

Le préavis doit contenir :

  • L’adresse complète du nouveau lieu de résidence et les coordonnées du parent
  • Une proposition précise concernant la façon d’ajuster le temps parental, la responsabilité décisionnelle ou les arrangements de contact
  • Tout autre renseignement exigé par règlement

Droits de réponse de l’autre partie :

  • Dans les 30 jours suivant la réception du préavis, l’autre partie peut formuler une objection écrite
  • Si l’autre partie ne formule pas d’objection dans les 30 jours et qu’aucune autre ordonnance restrictive n’est en vigueur, le déménagement peut avoir lieu
  • Si l’autre partie formule une objection, le parent qui souhaite déménager doit demander l’autorisation du tribunal

Facteurs pris en compte par le tribunal pour statuer sur une demande de relocalisation

Pour décider d’autoriser ou non le déménagement, le tribunal prend en compte l’ensemble des facteurs relatifs à l’intérêt supérieur de l’enfant, en accordant une attention particulière aux éléments suivants :

  • Le parent demandant la relocalisation a-t-il respecté les exigences de préavis prévues à l’article 16.9 ?
  • Existe-t-il une ordonnance existante limitant géographiquement la résidence de l’enfant ?
  • La proposition d’ajustement du temps parental est-elle raisonnable ?
  • Quel est l’impact du déménagement sur la relation de l’enfant avec l’autre parent ?
  • Quelle est la raison du déménagement (travail, réseau de soutien familial, nouveau partenaire, etc.) ?

Répartition du fardeau de la preuve

La loi établit un mécanisme de répartition ingénieux du fardeau de la preuve :

  • Si le temps parental est approximativement équivalent entre les deux parents : le parent qui demande la relocalisation doit prouver que celle-ci est dans l’intérêt supérieur de l’enfant
  • Si l’enfant réside principalement chez le parent demandant la relocalisation : le parent qui s’y oppose doit prouver que le déménagement n’est pas dans l’intérêt supérieur de l’enfant

Déménagement interprovincial et international

Que ce soit un déménagement du Québec vers l’Ontario ou du Canada vers les États-Unis, l’article 16.9 s’applique dans les deux cas. Les déménagements à l’étranger — en particulier vers la Chine — comportent des risques juridiques supplémentaires (voir la section IX ci-dessous).

> Lien avec d’autres épisodes : Pour le divorce transfrontalier et les questions relatives aux enfants, voir l’épisode 10.

VIII. Enlèvement international d’enfants : la Chine n’est pas signataire de la Convention de La Haye

Il s’agit de l’un des sujets présentant les risques les plus élevés et les conséquences les plus graves dans l’ensemble du système juridique relatif à la garde, particulièrement pour les familles d’origine chinoise.

Aperçu de la Convention de La Haye sur l’enlèvement international d’enfants

La Convention de La Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants (1980年《海牙国际儿童绑架民事方面公约》, Hague Convention on the Civil Aspects of International Child Abduction) constitue le principal cadre international pour traiter les enlèvements internationaux d’enfants. La Convention exige des États signataires qu’ils retournent rapidement les enfants emmenés illégalement dans leur pays de résidence habituelle, généralement dans un délai de six semaines. Au 1er janvier 2026, la Convention compte plus de 100 États signataires, dont les États-Unis, le Canada, la France, l’Australie, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Le statut particulier de la Chine

La Chine continentale n’est pas signataire de la Convention de La Haye sur l’enlèvement d’enfants.

La Chine (continentale) n’a pas encore adhéré à cette convention. Cela signifie que :

  • Le mécanisme de retour rapide prévu par la Convention ne s’applique pas du tout à la Chine continentale
  • Les ordonnances de garde rendues par les tribunaux canadiens ne peuvent pas être directement exécutées en Chine
  • Les tribunaux chinois ne sont pas liés par les décisions canadiennes et réexaminera les arrangements parentaux en vertu du droit chinois

Remarque importante : Hong Kong et Macao sont tous deux devenus parties à la Convention ; les restrictions mentionnées ci-dessus ne visent que la Chine continentale.

Comparaison entre la Chine et les pays non signataires de la Convention de La Haye

Situation État signataire de la Convention (ex. : États-Unis, France) État non signataire (ex. : Chine continentale)
Cadre juridique S’applique ; mécanisme de retour rapide en vigueur Ne s’applique pas
Délai de retour Généralement 6 semaines Aucun délai contraignant
Efficacité des ordonnances canadiennes Les tribunaux de l’autre État coopèrent à l’exécution Non reconnues (sauf accord bilatéral ou pratique de réciprocité)
Probabilité réelle de récupérer l’enfant Élevée Extrêmement faible
Ressources nécessaires Par l’intermédiaire de l’autorité centrale (Affaires mondiales Canada) Procédure judiciaire distincte en Chine

Options limitées si l’enfant est emmené en Chine

Si un enfant est emmené en Chine continentale en violation d’une ordonnance de garde canadienne, le parent resté au Canada dispose des recours suivants :

  1. Demander immédiatement une ordonnance d’urgence à un tribunal canadien : demander une ordonnance d’urgence autorisant la confiscation du passeport de l’autre partie au Canada et notifier l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC)
  2. Solliciter l’aide consulaire d’Affaires mondiales Canada (AMC) : AMC peut contacter les autorités locales chinoises, mais son pouvoir d’exécution est extrêmement limité
  3. Introduire une procédure judiciaire en Chine : il faut engager un avocat chinois et demander aux tribunaux chinois de reconnaître l’ordonnance de garde canadienne, ou entamer directement une procédure en droit chinois pour la garde. Le droit chinois exige l’existence d’un traité ou d’une réciprocité judiciaire de fait, conditions qui ne sont pas remplies entre le Canada et la Chine
  4. Voie pénale : l’article 262 du Code pénal chinois (中国《刑法》第262条) érige en infraction le fait d’emmener un enfant de moins de 14 ans hors de sa famille ou de son tuteur. Toutefois, les parents doivent évaluer soigneusement si des poursuites pénales pourraient nuire à la procédure civile de garde ultérieure
  5. Pression diplomatique et médiatique : dans quelques affaires très médiatisées, la pression diplomatique et médiatique a produit certains résultats, mais cette approche est imprévisible et ne constitue pas une solution juridique au sens strict

Avertissement sur les risques essentiels : si la résidence habituelle de l’enfant est au Canada, et qu’un parent planifie d’emmener l’enfant en Chine (même officiellement pour « rendre visite à la famille »), le parent resté au Canada devrait envisager des mesures préventives, notamment : limiter explicitement les sorties du territoire dans le plan parental, demander au tribunal de confisquer le passeport de l’enfant, et informer le programme PACT (Prevention of and Response to Child Abduction / Prévention et réponse à l’enlèvement d’enfants) de l’ASFC.

IX. Tactiques en contexte de conflit élevé et réponses judiciaires : le tribunal n’est pas passif

Aliénation parentale (Parental Alienation / Aliénation Parentale)

L’aliénation parentale désigne le fait pour un parent de dénigrer et de discréditer systématiquement l’autre parent aux yeux de l’enfant, dans le but de détruire la relation de l’enfant avec lui. Les manifestations courantes comprennent :

  • Dénigrer constamment l’autre parent devant l’enfant
  • Refuser de transmettre les messages ou les cadeaux de l’autre parent
  • Planifier des activités qui coïncident avec le temps parental de l’autre
  • Encourager l’enfant à refuser tout contact avec l’autre parent
  • Divulguer à l’enfant des détails sur la procédure judiciaire qui ne sont pas appropriés à son âge

Comment les tribunaux québécois répondent-ils ? La recherche montre que les tribunaux québécois sont relativement prudents lorsqu’il s’agit de reconnaître formellement l’aliénation parentale — dans les affaires où une allégation d’aliénation est soulevée, une conclusion formelle n’est prononcée que dans un nombre limité de cas, et le tribunal ordonne rarement, sur cette seule base, un renversement complet des arrangements de garde. Cependant, lorsqu’une telle conclusion est effectivement prononcée, les mesures que le tribunal peut prendre comprennent :

  • Ajuster le calendrier du temps parental en réduisant le temps du parent aliénant
  • Ordonner une expertise psychosociale
  • Ordonner une thérapie de relation parent-enfant
  • Dans les cas extrêmes, transférer le temps parental principal au parent aliéné (soit une « ordonnance de renversement »)

Mise en garde importante : les allégations d’aliénation parentale sont très susceptibles d’être utilisées abusivement dans les affaires à conflit élevé — il arrive que des parties qualifient à tort de résistance induite par l’aliénation ce qui constitue en réalité une réticence légitime de l’enfant à l’égard d’un parent (notamment lorsqu’il y a des antécédents de violence). Les tribunaux sont très vigilants à cet égard.

Fausses allégations de mauvais traitements

Dans les affaires de garde en conflit élevé, il n’est pas rare qu’une partie formule de fausses allégations de violence conjugale ou de mauvais traitements envers un enfant. Les tribunaux canadiens répondent à de telles situations comme suit :

  • Ordonner à l’organisme de protection de la jeunesse (Direction de la protection de la jeunesse, DPJ) d’intervenir et d’enquêter
  • Obtenir les rapports de police, les dossiers médicaux et autres preuves
  • Si l’expertise révèle que les allégations manquent de fondement, cet élément peut constituer une preuve d’aliénation
  • Si les allégations sont jugées malveillantes et fabriquées, cela peut être sanctionné par une condamnation aux dépens défavorable

Refus de respecter le calendrier du temps parental

Si un parent refuse sans raison valable de permettre à l’enfant de passer du temps avec l’autre parent conformément à l’ordonnance parentale, l’autre parent peut :

  • Demander au tribunal une ordonnance pour outrage au tribunal (contempt of court)
  • Demander une modification des arrangements parentaux (en invoquant le non-respect de l’ordonnance par l’autre partie)
  • Dans les cas extrêmes, le tribunal peut ordonner à la police de contribuer à l’exécution

X. Ordonnances d’urgence : application de l’article 16.1

L’article 16.1 de la Loi sur le divorce (ajouté en 2021) prévoit que, dans les situations véritablement urgentes, le tribunal peut rendre une ordonnance parentale provisoire sans en aviser l’autre partie (ex parte).

Quand peut-on demander une ordonnance d’urgence ?

  • L’autre parent menace d’emmener l’enfant hors du Canada (ou hors du Québec vers une autre province) ou l’a déjà fait
  • L’enfant court un risque imminent de préjudice physique
  • L’autre parent a commis des actes graves de violence familiale
  • L’autre parent a caché l’enfant et le demandeur ne sait pas où se trouve l’enfant

Mesures pouvant être incluses dans une ordonnance d’urgence

  • Restriction provisoire du temps parental de l’autre partie
  • Ordre à l’autre partie de remettre le passeport de l’enfant (et son propre passeport)
  • Interdiction à l’autre partie d’emmener l’enfant hors du pays
  • Obligation pour l’autre partie de résider avec l’enfant à une adresse précise
  • Tout autre arrangement conforme à l’intérêt urgent de l’enfant

Conditions de la demande

Le demandeur doit fournir un affidavit écrit détaillant les faits fondant l’urgence. Le tribunal ne tient pas d’audience complète et rend généralement sa décision dans un délai allant de quelques heures à un jour. Une fois l’ordonnance d’urgence accordée, l’autre partie en est informée et a la possibilité de comparaître lors d’une audience ultérieure pour contester l’ordonnance.

Avertissement important : le demandeur doit divulguer honnêtement tous les faits connus, y compris ceux qui lui sont défavorables. Si le demandeur dissimule intentionnellement des informations pertinentes, le tribunal peut, ultérieurement, annuler l’ordonnance et rendre une décision défavorable sur les dépens.

XI. Questions culturelles propres aux familles d’origine chinoise : considérations spéciales dans et hors du tribunal

Le rôle des grands-parents dans les soins à l’enfant

Dans de nombreuses familles d’origine chinoise, les grands-parents (en particulier les grands-parents maternels) assument une grande partie des soins quotidiens, tandis que les deux parents travaillent à temps plein. Dans les affaires de divorce, ce fait peut être à la fois un sujet de litige et un argument important :

  • Argument en faveur d’une demande de temps parental principal : si les grands-parents ont été principalement organisés par l’un des parents, et si l’enfant a développé un attachement profond et une vie stable avec ces grands-parents, cela peut soutenir la demande de temps parental principal de ce parent
  • Idée reçue sur les « soins directs » : le tribunal évalue la qualité globale des arrangements de soins mis en place par le parent, sans exiger que le parent s’occupe personnellement de chaque aspect de la vie de l’enfant. La participation des grands-parents n’est pas en soi problématique ; ce qui importe, c’est la stabilité de l’arrangement et les bénéfices réels pour l’enfant
  • Contacts vidéo avec les proches en Chine : si les grands-parents résident en Chine, le plan parental devrait prévoir explicitement des arrangements pour permettre à l’enfant de maintenir des contacts vidéo avec ses proches en Chine, afin de respecter les racines culturelles de l’enfant

Cohabitation en famille élargie (Extended Family Housing)

La cohabitation multigénérationnelle ou avec des frères et sœurs ou des proches est relativement courante dans les familles d’origine chinoise. Pour évaluer les arrangements résidentiels, le tribunal s’interroge sur les points suivants :

  • L’espace de vie répond-il aux besoins d’espace personnel de l’enfant ?
  • Les membres de la famille cohabitante ont-ils eu une influence négative sur l’enfant (par exemple, des antécédents de violence) ?
  • La stabilité de l’arrangement résidentiel

Contrairement au modèle occidental de la famille nucléaire, la cohabitation multigénérationnelle n’est pas en soi perçue négativement par le tribunal.

Éducation en langue chinoise et développement bilingue ou trilingue

Le maintien des compétences linguistiques en chinois de l’enfant revêt une importance fondamentale pour son identité culturelle et son développement futur. L’alinéa 16(3)j) de la Loi sur le divorce inscrit explicitement les antécédents culturels, linguistiques et patrimoniaux de l’enfant parmi les facteurs de l’intérêt supérieur. Dans le plan parental, il est recommandé de :

  • Préciser les dispositions concrètes concernant l’école de langue chinoise (cours du week-end)
  • Convenir que les deux parents soutiennent la participation de l’enfant à l’école de langue chinoise
  • Convenir des modalités d’accès aux médias en langue chinoise (livres, vidéos, etc.)

Religion et activités culturelles traditionnelles

Si les parents ont des croyances religieuses ou des traditions culturelles différentes, le plan parental doit préciser :

  • À quelles activités religieuses ou culturelles l’enfant participera
  • Comment les périodes importantes seront réparties pour les fêtes telles que le Nouvel An chinois, la fête de la Mi-Automne et le festival Qingming
  • Si l’enfant participera à des organisations ou des activités culturelles précises

Barrière linguistique et procédure judiciaire

Si l’un des parents a le mandarin pour langue principale, plutôt que l’anglais ou le français, il convient de noter que :

  • Au Québec, la procédure judiciaire se déroule principalement en français ; dans certaines affaires à Montréal, l’anglais peut également être utilisé
  • Il est nécessaire d’engager un avocat offrant des services en mandarin ou de demander des services d’interprétation auprès du tribunal
  • Tous les documents en langue chinoise soumis au tribunal doivent être accompagnés d’une traduction notariée

XII. Coûts et calendrier d’un litige de garde contesté

La réalité des coûts

Les affaires de garde contestées constituent l’un des types de litiges les plus coûteux en droit de la famille. Voici les fourchettes de coûts réels au Québec et au Canada pour les années 2024-2026 :

Poste de dépense Coût estimatif (CAD)
Consultation juridique et phase initiale (6 à 12 mois) 15 000 $ – 40 000 $
Préparation complète au procès et comparution (affaire complexe) 30 000 $ – 80 000 $ supplémentaires
Expertise psychosociale privée 5 000 $ – 15 000 $
Enquêteur privé (si nécessaire) 3 000 $ – 10 000 $
Avocat indépendant de l’enfant (si nommé par le tribunal) 2 000 $ – 8 000 $
Estimation totale pour une affaire entièrement contestée 25 000 $ – 150 000 $+

Note sur les coûts : ces estimations reposent sur le scénario où les deux parties sont représentées par des avocats tout au long de la procédure, où la médiation a échoué et où au moins une audience complète a eu lieu. En cas d’appel, les coûts augmenteront davantage.

Calendrier

  • Phase de l’ordonnance provisoire : quelques semaines après l’introduction de l’instance
  • Médiation : généralement complétée dans les 3 à 6 mois suivant l’introduction de l’instance
  • Expertise psychosociale : 3 à 6 mois
  • Audience finale (litige simple) : environ 12 à 18 mois après l’introduction de l’instance
  • Audience finale (affaire à conflit élevé ou complexe) : environ 2 à 4 ans après l’introduction de l’instance
  • Appel (Cour d’appel du Québec) : 1 à 2 années supplémentaires

Moyens efficaces pour réduire les coûts

  1. Médiation précoce : le Québec offre 5 à 7 heures de médiation subventionnée par partie ; en tirer pleinement parti permet de réaliser des économies considérables
  2. Divorce collaboratif (Collaborative divorce) : les avocats des deux parties signent un accord s’engageant à ne pas avoir recours à un litige adversarial ; en cas d’échec, chacun change d’avocat
  3. Coordonnateur parental (Parenting coordinator) : après la conclusion d’un accord, un professionnel aide à gérer les désaccords quotidiens et évite les retours répétés devant le tribunal
  4. Projet de plan parental détaillé : un investissement initial en honoraires d’avocat pour la rédaction d’un plan parental de haute qualité réduit considérablement les litiges ultérieurs
  5. Éviter les tactiques stratégiques : chaque demande inutile, chaque lettre d’avocat superflue consume les ressources financières des deux parties

XIII. Foire aux questions (FAQ)

Q1 : L’enfant peut-il choisir lui-même avec quel parent il veut vivre ?

Les opinions et préférences de l’enfant sont expressément mentionnées comme facteur à l’alinéa 16(3)e) de la Loi sur le divorce. Toutefois, le tribunal ne se contente pas d’appliquer mécaniquement la volonté de l’enfant — le poids accordé à cette volonté dépend de l’âge et de la maturité de l’enfant. En règle générale, les préférences des enfants de moins de 10 ans sont entendues mais se voient accorder un poids limité ; les opinions des enfants de 12 ans et plus ont un poids nettement plus important ; mais même pour un adolescent de 16 ou 17 ans, sa volonté n’est pas un facteur décisif absolu. Le tribunal évaluera si l’opinion de l’enfant est librement exprimée ou si elle a été influencée par l’un des parents.

Q2 : Mon ex-conjoint et moi avons conclu verbalement un accord sur les arrangements de garde. Doit-on passer devant le tribunal ?

Pas nécessairement, mais il est vivement conseillé de formaliser l’accord. Au Québec, les parties peuvent soumettre le plan parental convenu à la Cour supérieure pour homologation, ce qui lui confère force exécutoire. Un accord verbal est difficile à faire respecter juridiquement ; si l’une des parties revient sur sa parole, l’autre devra recommencer une procédure judiciaire.

Q3 : Mon ex-conjoint a emmené les enfants en Chine rendre visite à la famille sans mon consentement. Que dois-je faire ?

Il faut d’abord distinguer les situations : si l’absence est de courte durée avec une date de retour convenue, le risque est relativement contrôlable, mais il est conseillé de demander à un avocat de s’assurer que le plan parental ou l’ordonnance judiciaire contient des clauses claires sur le préavis et le consentement pour les sorties du territoire. Si l’autre parent refuse de rentrer à la date prévue, il s’agit d’un enlèvement d’enfant ; il faut immédiatement : (1) contacter un avocat pour demander une ordonnance d’urgence ; (2) contacter la police ; (3) contacter Affaires mondiales Canada (services consulaires). Comme mentionné précédemment, étant donné que la Chine n’est pas signataire de la Convention de La Haye, le retour ultérieur est extrêmement difficile.

Q4 : Dans un arrangement de responsabilité décisionnelle partagée, les deux parents ne s’entendent pas sur l’école que l’enfant devrait fréquenter. Que faire ?

Les parties doivent d’abord recourir au mécanisme de résolution des désaccords prévu dans le plan parental (par exemple, la médiation) pour chercher un consensus. Si la médiation échoue, chaque partie peut demander au tribunal de trancher. Le tribunal prendra une décision concrète fondée sur l’intérêt supérieur de l’enfant, en tenant compte notamment de la continuité, des compétences linguistiques et des liens avec la communauté. C’est précisément pourquoi le plan parental doit prévoir à l’avance des clauses claires de résolution des désaccords.

Q5 : Je me suis installé(e) à Montréal pour le travail et mon enfant est principalement chez mon ex-conjoint (à Toronto). Puis-je demander que l’enfant déménage à Montréal avec moi ?

Vous pouvez en faire la demande, mais cela met en jeu la procédure de relocalisation prévue à l’article 16.9 de la Loi sur le divorce. Vous devez aviser l’autre partie par écrit avec un préavis de 60 jours et proposer une solution concrète pour ajuster les arrangements parentaux. Si l’autre partie formule une objection dans les 30 jours, vous devrez demander l’autorisation du tribunal pour le déménagement. Le tribunal évaluera l’ensemble des éléments : la raison du déménagement, l’impact sur la relation de l’enfant avec l’autre parent, la faisabilité du nouveau calendrier de temps parental proposé, et d’autres facteurs. Dans les affaires de déménagement interprovincial, l’issue devant le tribunal est difficile à prévoir ; il est conseillé de consulter un avocat à l’avance.

Q6 : Mon ex-conjoint menace de demander la garde complète si je n’accepte pas ses conditions. Cette menace a-t-elle un fondement juridique ?

Non. La décision du tribunal repose entièrement sur l’intérêt supérieur de l’enfant, et non sur la fermeté ou l’obstination de l’un ou l’autre des parents. Le tribunal a une vision négative du fait d’utiliser la garde comme monnaie d’échange dans une négociation — ce comportement peut en lui-même être perçu comme une réticence à favoriser la relation de l’enfant avec l’autre parent (facteur prévu à l’alinéa 16(3)f)), et peut avoir des conséquences défavorables pour ce parent. Il est recommandé de faire consigner les menaces de l’autre partie par une lettre d’avocat.

Références juridiques

Les principaux documents juridiques cités et consultés dans cet article :

  • Loi sur le divorce (Divorce Act, LRC 1985, c 3 (2e suppl.)), notamment dans sa version modifiée par la réforme apportée par le projet de loi C-78 de 2021
  • Article 16 : ordonnances parentales et intérêt supérieur de l’enfant
  • Article 16.1 : ordonnances parentales provisoires (situations d’urgence)
  • Article 16.9 : exigence de préavis en cas de déménagement
  • Code civil du Québec, article 33 (principe de l’intérêt supérieur de l’enfant)
  • Règlement de la Cour supérieure du Québec en matière familiale
  • Convention de La Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants (Hague Convention on the Civil Aspects of International Child Abduction, 25 October 1980)
  • Loi 56 du Québec (2023, entrée en vigueur le 30 juin 2025), instituant le régime d’union parentale
  • Ministère de la Justice du Québec : [Guide officiel sur le plan parental](https://www.justice.gouv.qc.ca/en/couples-and-families/separation-and-divorce/child-custody/)
  • Ministère de la Justice du Canada : [Explication des modifications à la Loi sur le divorce](https://www.justice.gc.ca/eng/fl-df/cfl-mdf/dace-clde/index.html)

Autres épisodes de cette série

  • Épisode 1 : Mariage civil et union de fait au Canada : droits et différences
  • Épisode 2 : Contrats de mariage et accords de cohabitation : protection des droits patrimoniaux
  • Épisode 3 : Régimes matrimoniaux au Québec : société d’acquêts et séparation de biens
  • Épisode 4 : Biens immobiliers et divorce : partage de la propriété familiale
  • Épisode 5 : Dettes et divorce : qui paie quoi ?
  • Épisode 6 : [Impact de la violence familiale sur la garde : comment les tribunaux traitent les allégations de violence](../MD-6-Domestic-Violence-Action/fr-post.md)
  • Épisode 7 : Infidélité et divorce au Canada : quelle incidence sur les droits juridiques ?
  • Épisode 8 : Séparation de fait vs. divorce légal : différences clés
  • Épisode 9 : [Le processus de divorce au Canada : de l’introduction de l’instance au jugement](../MD-9-Divorce-Process-Federal-Act/fr-post.md)
  • Épisode 10 : [Divorce transfrontalier et questions relatives aux enfants : défis particuliers des divorces Canada-Chine](../MD-10-Cross-Border-Divorce-CN-CA/fr-post.md)
  • Épisode 11 : Batailles pour la garde lors d’un divorce au Canada et au Québec : guide juridique complet (cet article)
  • Épisode 12 : Partage des régimes de retraite et des pensions lors d’un divorce
  • Épisode 13 : [Pensions alimentaires : la logique juridique derrière les chiffres](../MD-13-Spousal-Child-Support/fr-post.md)
  • Épisode 14 : Modification des ordonnances de divorce : quand et comment
  • Épisode 15 : Remariage et ses effets juridiques
  • Épisode 16 : Planification successorale après un divorce : mise à jour des testaments et des bénéficiaires

Cet article a été rédigé par l’Équipe de recherche juridique SiLaw à des fins d’information juridique générale uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Chaque situation familiale est unique ; veuillez consulter un avocat qualifié en droit de la famille au Québec pour obtenir un avis professionnel adapté à votre situation particulière.

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