Procédure de divorce complète : Loi fédérale, processus au…

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Aperçu IA — Points essentiels de la procédure fédérale de divorce au Canada

  • Compétence fédérale : Le divorce au Canada est régi uniformément par la Loi sur le divorce (联邦《离婚法》, L.R.C. 1985, ch. 3). Les modifications apportées par le projet de loi C-78 (联邦Bill C-78修正案) sont entrées en vigueur le 1er mars 2021 : les termes « droit de visite/garde » ont officiellement été remplacés par « temps parental/responsabilité parentale décisionnelle ».
  • Trois motifs de divorce (art. 8) : ① Séparation d’au moins un an (le plus courant, sans faute à prouver) ; ② Adultère (通奸) ; ③ Cruauté physique ou mentale (身体或精神残忍对待) — seul le motif de séparation ne nécessite aucune preuve de faute.
  • Exigence de compétence territoriale : L’un ou l’autre des époux doit avoir résidé habituellement dans la province pendant au moins un an avant la demande (art. 3).
  • Délais au Québec : Divorce par consentement mutuel : environ 6 à 12 mois ; divorce contesté : généralement 1,5 à 3 ans, et jusqu’à 5 ans et plus pour les affaires complexes.
  • Fourchette de coûts : Frais de dépôt devant la Cour supérieure du Québec : environ 108 $ à 325 $ ; honoraires d’avocat : 2 000 $ à 5 000 $ pour un divorce par consentement, 15 000 $ à 100 000 $+ pour un divorce contesté.
  • Reconnaissance des divorces prononcés en Chine : En vertu de l’art. 22, si l’une des parties résidait habituellement en Chine depuis au moins un an, le jugement de divorce chinois peut être reconnu au Canada. Toutefois, les dispositions relatives à la garde des enfants devront généralement faire l’objet d’une nouvelle procédure devant les tribunaux canadiens.

La Loi fédérale sur le divorce au Canada : tout ce que vous devez savoir, de la demande au jugement

Auteur : Équipe de recherche juridique SiLaw | Dernière mise à jour : avril 2026 | Région d’application : Canada (accent sur le Québec)

I. Compétence fédérale : pourquoi le divorce au Canada relève-t-il d’une seule et même loi nationale ?

En Chine, le droit de la famille relève du Code civil et est appliqué par les bureaux des affaires civiles provinciaux. Au Canada, la première question qui déroute souvent les immigrants d’origine chinoise est la suivante : le divorce relève-t-il du fédéral ou du provincial ?

La réponse est claire : le divorce lui-même est de compétence fédérale. L’article 91(26) de la Loi constitutionnelle de 1867 confère expressément au Parlement fédéral le pouvoir exclusif de légiférer en matière de « mariage et divorce ». Que vous viviez au Québec, en Ontario ou en Colombie-Britannique, les motifs légaux de divorce, les conditions de résidence, les effets du divorce — toutes les règles essentielles — sont uniformément régis par la Loi sur le divorce fédérale (Divorce Act, L.R.C. 1985, ch. 3 (2e suppl.)).

Il convient toutefois de noter que les questions accessoires au divorce — partage du patrimoine, pension alimentaire pour enfants, pension alimentaire entre conjoints — font intervenir les lois provinciales de façon complémentaire. Au Québec, le Code civil du Québec et le Code de procédure civile (CPC) encadrent le déroulement concret de la procédure de divorce ; dans les provinces de common law, ce sont les lois provinciales sur la famille qui s’appliquent. Ainsi, bien que la Loi sur le divorce constitue le « script » national commun, la mise en scène au Québec obéit à des règles qui lui sont propres.

Le projet de loi C-78 de 2021 : une révolution terminologique historique

En 2019, le gouvernement fédéral a adopté le projet de loi C-78 (Bill C-78), qui a modifié plusieurs dispositions de la Loi sur le divorce, entrant en vigueur le 1er mars 2021. Il s’agit de la réforme la plus importante de la loi depuis 1986. Parmi les changements principaux :

  • Révision de la terminologie : « garde » (custody, 监护权) → « responsabilité parentale décisionnelle » (decision-making responsibility) ; « droit de visite » (access, 探视权) → « temps parental » (parenting time). Ce changement de vocabulaire traduit une transformation profonde de la philosophie législative : on passe de « qui possède l’enfant » à « l’enfant entretient une relation significative avec chacun de ses parents ».
  • Précision du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant : La loi établit une liste non exhaustive de facteurs à considérer pour évaluer l’« intérêt supérieur de l’enfant » (best interests of the child), en incluant expressément la violence familiale comme facteur devant faire l’objet d’une attention particulière.
  • Encadrement des déménagements : Le parent disposant d’un temps parental ou d’une responsabilité décisionnelle qui souhaite déménager doit en aviser l’autre parent par écrit à l’avance et se conformer à une procédure d’examen judiciaire.
  • Obligation de recourir aux modes amiables de règlement des différends familiaux (FDR) : Les avocats comme les parties ont l’obligation légale d’encourager les solutions non contentieuses, sauf exceptions (ex. : violence familiale).
  • Renforcement de l’exécution interprovinciale : Les ordonnances parentales et alimentaires ont force exécutoire dans toutes les provinces, sans qu’il soit nécessaire d’en demander la reconnaissance dans une autre province.

« Passer de la “bataille pour la garde” à la “répartition du temps parental” n’est pas qu’un jeu de mots — la loi dit aux parents : l’enfant n’est pas une propriété, c’est un individu à part entière qui a besoin d’être accompagné par les deux parents. »
— Commentaire de l’Équipe de recherche juridique SiLaw

II. Les trois motifs légaux de divorce (art. 8 de la Loi sur le divorce)

Le Canada applique un régime mixte « avec faute et sans faute ». Selon le paragraphe 8(2) de la Loi sur le divorce, l’échec du mariage est le seul fondement du divorce, et les trois situations suivantes constituent des preuves légales de cet échec :

Motif Disposition légale Exigences de preuve Points pratiques Fréquence d’utilisation
① Séparation d’au moins un an (分居满1年) §8(2)(a) Aucune faute à prouver ; il suffit d’établir le fait et la durée de la séparation La demande peut être introduite pendant la période de séparation ; le délai d’un an doit être écoulé au moment du jugement Environ 95 % des cas et plus
② Adultère (通奸) §8(2)(b)(i) Doit prouver que le conjoint a eu des relations sexuelles avec un tiers ; le demandeur ne doit pas avoir consenti ni s’être entendu avec le défendeur Difficile à prouver, et l’adultère n’influence pas le partage du patrimoine ni le calcul de la pension alimentaire (au Québec) ; très peu utilisé en pratique Très rare (<2 %)
③ Cruauté physique ou mentale (身体或精神残忍对待) §8(2)(b)(ii) Doit démontrer que les traitements rendent intolérable la poursuite de la vie commune ; peut inclure la violence émotionnelle persistante et les comportements de contrôle Peut être introduit immédiatement, sans attendre un an ; mais nécessite des preuves suffisantes (dossiers médicaux, rapports de police, etc.) Peu fréquent (~3 %)

Conseil pratique : Pour la grande majorité des couples souhaitant divorcer, les avocats et les tribunaux recommandent en priorité la voie de la séparation d’au moins un an. La raison est simple : aucune faute n’est à prouver, ce qui réduit le caractère conflictuel, protège les enfants des effets délétères du litige, et facilite le déroulement de la procédure judiciaire. Contrairement à ce que croient souvent les immigrants d’origine chinoise, l’adultère et la cruauté ne confèrent pas automatiquement un avantage dans le partage du patrimoine ou le calcul de la pension alimentaire devant les tribunaux canadiens. (Voir épisode 7 de cette série : Les conséquences juridiques de l’infidélité dans le mariage)

III. La séparation d’un an en détail : qu’est-ce que la « séparation » ? La cohabitation séparée est-elle valide ?

Beaucoup de gens pensent que la « séparation » implique nécessairement de quitter le domicile commun. Or, dans le cadre juridique canadien, la « séparation » est une notion juridique, non physique. Le critère central est le suivant : les deux époux ont-ils l’intention de mettre fin à leur relation conjugale (conjugal relationship), indépendamment du fait qu’ils vivent ou non sous le même toit.

La cohabitation séparée (Separated Under the Same Roof)

Pour les familles d’origine chinoise vivant dans des villes à coût élevé comme Montréal ou Toronto, l’impossibilité temporaire de quitter le domicile commun pour des raisons financières ou de garde des enfants est une réalité très fréquente. La bonne nouvelle est que la Loi sur le divorce reconnaît pleinement la « cohabitation séparée » — à condition de pouvoir démontrer que les deux parties vivent de manière indépendante et que le mariage est substantiellement terminé.

Les facteurs que les tribunaux prennent généralement en compte pour établir la cohabitation séparée sont les suivants :

  • Ne plus partager la chambre à coucher ni avoir de relations sexuelles
  • Préparer ses repas et faire sa lessive de façon indépendante
  • Avoir des comptes bancaires séparés
  • Ne plus se présenter ensemble en tant que couple dans les activités sociales
  • L’une des parties a clairement signifié à l’autre son intention de mettre fin au mariage (verbalement ou par écrit)
  • L’une des parties a informé ses proches et amis de la séparation

Point important : Si, durant la période de séparation, les deux parties ont tenté une réconciliation temporaire (resumption of cohabitation), cette période ne rompt pas le calcul de l’an de séparation, à condition qu’elle n’excède pas 90 jours et qu’elle ait eu pour objectif de réconcilier le mariage (art. 8(3)(b) de la Loi sur le divorce). En revanche, si la réconciliation dépasse 90 jours, le décompte repart à zéro.

Conseil pratique : En pratique, il est recommandé, dès la date de séparation, de consigner celle-ci par écrit (courriel ou message texte), en indiquant la date et l’intention de se séparer, et de conserver cet enregistrement. Il constituera une preuve déterminante de la date de début de la séparation lors de la demande de divorce.

IV. Conditions de compétence territoriale pour demander le divorce

Selon le paragraphe 3(1) de la Loi sur le divorce, les conditions de compétence suivantes doivent être remplies pour introduire une demande de divorce :

L’un ou l’autre des époux doit avoir résidé habituellement (habitually resident, 惯常居住) dans la province pendant au moins un an immédiatement avant la présentation de la demande pour que le tribunal de cette province soit compétent pour instruire l’affaire.

Quelques précisions importantes :

  • Un seul conjoint suffit : Il n’est pas exigé que les deux époux aient résidé dans la province pendant un an ; la condition est remplie si l’un d’eux satisfait à cette exigence.
  • La « résidence habituelle » ne se résume pas à une adresse : Le tribunal tient compte de l’emploi, des liens familiaux, du bail ou de la propriété immobilière, de la province d’immatriculation du permis de conduire et de la carte d’assurance maladie, du degré d’intégration dans la collectivité, et non seulement d’une adresse.
  • Sans lien avec la résidence permanente ou la citoyenneté : Les résidents permanents ou les nouveaux immigrants sont soumis aux mêmes dispositions, quelle que soit la durée de détention de la carte de résident permanent.
  • Demandes concurrentes dans deux provinces : Si chacun des époux introduit une procédure de divorce dans une province différente, le paragraphe 3(3) de la Loi sur le divorce prévoit des règles de priorité — généralement, la province dans laquelle les époux ont eu leur dernière résidence habituelle commune est prioritaire ; à défaut, la Cour fédérale désigne la province compétente.

Exemple concret : Madame Wang et son mari se sont installés à Montréal en octobre 2024 et ont décidé de se séparer en février 2025. Comme ils résident au Québec depuis moins d’un an (la condition d’un an ne sera remplie qu’en octobre 2025), la demande de divorce ne pourra être déposée devant la Cour supérieure du Québec qu’après le 1er octobre 2025 au plus tôt. De plus, puisque la séparation doit également durer un an, la demande de divorce ne pourra en pratique être introduite qu’en février 2026, date à laquelle la condition de séparation d’un an sera remplie (la condition de résidence étant alors déjà satisfaite depuis plusieurs mois).

V. Divorce par consentement mutuel vs divorce contesté : deux voies radicalement différentes

La procédure de divorce au Canada (Québec) se décline essentiellement en deux voies. Le choix de l’une ou l’autre déterminera votre coût en temps, en argent et en énergie émotionnelle.

Critère de comparaison Divorce par consentement mutuel (协议离婚) Divorce contesté (争议离婚)
Conditions préalables Les deux parties s’entendent sur toutes les questions (garde, temps parental, pension alimentaire pour enfants/conjoint, partage du patrimoine) Un ou plusieurs points sont en litige et ne peuvent être résolus par négociation
Délais au Québec Généralement 6 à 12 mois ; le jugement prend effet 31 jours après son prononcé Généralement 1,5 à 3 ans ; jusqu’à 5 ans et plus pour les affaires complexes
Honoraires d’avocats (Québec) 2 000 $ à 5 000 $ (mandat conjoint à un seul avocat pour rédiger l’entente : coût encore plus bas) 15 000 $ à 100 000 $+ par partie (selon la durée des audiences et la complexité des actifs)
Frais de dépôt judiciaire Environ 108 $ (provincial) + 10 $ (Registre central fédéral) = environ 118 $ au total Environ 325 $ (provincial) + 10 $ (fédéral) = environ 335 $ au total
Comparutions requises Généralement une seule audience sommaire (le juge examine l’entente) ; parfois examen sur dossier seulement Multiples comparutions : conférence de gestion, requêtes préalables, procès
Impact émotionnel Faible à modéré ; protège les enfants des effets d’un long litige Fortement conflictuel ; répercussions particulièrement importantes dans les dossiers impliquant des enfants
Médiation familiale Fortement recommandée ; séance d’information gratuite offerte au Québec pour les dossiers avec enfants mineurs Le juge demande généralement aux parties de tenter une médiation avant le procès

Observation clé : En pratique, même lorsque les parties s’opposent sur certains points, il est conseillé de tenter d’abord de transformer le divorce contesté en divorce par consentement mutuel par le biais d’une médiation familiale (médiation familiale). Chaque dossier ainsi transformé permet généralement aux deux parties d’économiser des dizaines de milliers de dollars en honoraires d’avocats et des années de procédure.

VI. Déroulement détaillé de la procédure de divorce devant la Cour supérieure du Québec

Au Québec, les procédures de divorce se déroulent devant la Cour supérieure du Québec, conformément au Code de procédure civile du Québec (CPC). Voici la feuille de route complète de la procédure :

Étape 1 : Dépôt de la demande en divorce (Demande en divorce)

Le demandeur (ou les deux parties conjointement) dépose une demande en divorce au greffe de la Cour supérieure du district judiciaire compétent, accompagnée de la preuve du mariage (acte de mariage et sa traduction certifiée). Si des enfants mineurs sont concernés, les documents relatifs à leur résidence et aux arrangements parentaux doivent également être joints.

Frais du Registre central fédéral : Toute demande de divorce doit être accompagnée d’un paiement de 10 $ à titre de frais du Registre central fédéral, sous forme de mandat postal ou de traite bancaire libellé à l’ordre du « Receveur général du Canada » (Receiver General for Canada).

Étape 2 : Signification

Les documents de demande doivent être signifiés au défendeur par un huissier de justice (huissier). Le défendeur dispose de 15 jours à compter de la signification pour répondre (si signification dans la province de Québec), de 30 jours si la signification est effectuée dans une autre province canadienne, et de 3 mois si elle est effectuée à l’étranger (par exemple, en Chine continentale).

Étape 3 : Protocole d’instance

Pour les dossiers contestés, les parties doivent s’entendre sur un calendrier procédural et déposer un protocole d’instance, qui fixe les échéances des différentes étapes du litige : échange de preuves, rapports d’experts, conférence préalable à l’instruction, etc. Il s’agit d’un mécanisme important instauré par la réforme du CPC québécois, destiné à éviter que les dossiers ne s’éternisent.

Étape 4 : Conférence de gestion (Conférence de gestion)

Le juge convoque une conférence de gestion pour examiner l’avancement du dossier, confirmer le protocole d’instance et évaluer la possibilité d’un traitement simplifié (par exemple, l’application d’une procédure allégée). Le juge peut également inciter les parties à poursuivre la médiation à cette étape.

Étape 5 : Procédures préalables (Examens / Communications préalables)

Les parties doivent échanger tous les documents de preuve pertinents (communication de la preuve), notamment les déclarations financières (revenus, actifs, passifs). Dans les dossiers très litigieux, des interrogatoires préalables (interrogatoires préalables) — c’est-à-dire des témoignages sous serment pris avant le procès — peuvent également avoir lieu.

Étape 6 : Procès (Procès)

Le procès se tient devant un juge de la Cour supérieure (sans jury). Chaque partie présente ses preuves, fait entendre ses témoins et procède au contre-interrogatoire. Le juge rend ensuite son jugement, qui porte sur : l’octroi du divorce lui-même, la répartition du temps parental et de la responsabilité décisionnelle, la pension alimentaire pour enfants, la pension alimentaire entre conjoints, et le partage du patrimoine familial.

Étape 7 : Prise d’effet du jugement de divorce (délai de 31 jours)

Une fois que le tribunal accorde le divorce, le jugement ne prend pas effet immédiatement ; il faut attendre l’expiration d’un délai d’appel de 31 jours pour que le divorce produise ses effets juridiques (art. 12 de la Loi sur le divorce). Même si aucune des deux parties ne fait appel, ce délai de 31 jours est imposé par la loi et ne peut être contourné. À compter de cette date, les parties sont légalement libérées du lien matrimonial et peuvent se remarier.

Séance d’information parentale (SIP) au Québec : une obligation

Lorsque le divorce implique des enfants mineurs, la loi québécoise exige que les parties participent à une séance d’information sur la parentalité après la séparation (SIP). Cette participation est une condition préalable à toute demande relative aux enfants devant le tribunal. Sans attestation de participation, la demande ne peut être soumise à l’examen du juge.

Informations clés sur la SIP :

  • Entièrement gratuite : animée par deux médiateurs familiaux qualifiés (dont au moins un doit être juriste)
  • Durée : environ 2,5 heures
  • Participation séparée possible : les deux parties n’ont pas à y assister ensemble — particulièrement adaptée aux situations de violence familiale
  • Participation par vidéo possible : inscription en ligne au 1-866-536-5140 (option 3)
  • Une attestation de participation (certificat de participation) est remise à l’issue de la séance et doit être déposée au tribunal
  • Mise à jour du 30 juin 2025 : dans certaines situations, la médiation familiale formelle (et non la seule SIP d’information) est désormais obligatoire, marquant un passage au Québec d’une médiation « encouragée » à une médiation « partiellement obligatoire »

Le calcul économique de la médiation : Le Québec offre aux couples séparés ayant des enfants mineurs 5 heures de médiation familiale gratuite (2,5 heures pour modifier un accord existant), financées par le gouvernement provincial, sans condition d’admissibilité. Il s’agit de l’une des politiques de soutien à la médiation les plus généreuses au Canada — les familles d’origine chinoise devraient en profiter pleinement.

VII. Tableau récapitulatif des délais et des coûts

Type Étape Durée estimée Principale source de coût Estimation des coûts (CAD)
Divorce par consentement Frais de dépôt judiciaire Immédiat Cour supérieure du Québec 118 $ (dont 10 $ fédéral)
Honoraires d’avocat (rédaction de l’entente) 6 à 12 mois du dépôt au jugement Avocat en droit de la famille 2 000 $ à 5 000 $
Authentification et traduction de documents Avant le dépôt Notaire / agence de traduction 200 $ à 800 $
Divorce contesté Frais de dépôt judiciaire Immédiat Cour supérieure du Québec 335 $ (dont 10 $ fédéral)
Honoraires d’avocat (représentation complète) Généralement 1,5 à 3 ans (5 ans+ pour les affaires complexes) Avocat de chaque partie 15 000 $ à 100 000 $+ par partie
Expert en évaluation / évaluation psychologique Phase préalable au procès Expert spécialisé 2 000 $ à 15 000 $
Aide juridique (pour les personnes admissibles) Tout au long du processus Aide juridique du Québec (Aide juridique) Gratuit ou faibles frais (selon le revenu)
DIY — demande autonome (divorce par consentement simple) 6 à 18 mois Frais judiciaires + traitement des documents 118 $ à 500 $
Médiation familiale (avec enfants mineurs) Quelques semaines à quelques mois Subventionné par le gouvernement provincial Premières 5 heures gratuites

Remarque : les coûts indiqués sont des données de référence pour 2026 ; veuillez vérifier le tarif judiciaire en vigueur. Pour l’admissibilité à l’aide juridique, il convient de s’adresser au Centre communautaire juridique du Québec.

VIII. Le divorce DIY : peut-on se représenter soi-même ?

Pour les divorces par consentement simples — sans enfants, sans litige sur des actifs importants, avec accord total des deux parties — il est effectivement possible de procéder à une demande autonome (pro se / représentation personnelle) au Canada, y compris au Québec. Le ministère de la Justice du Québec met à disposition des formulaires de demande en autonomie, et certains districts judiciaires disposent de centres de services aux justiciables pour aider les demandeurs qui se représentent.

Conditions d’admissibilité au divorce DIY

  • Aucun enfant mineur, ou, en présence d’enfants, entente écrite complète sur toutes les questions parentales (résidence, temps parental, responsabilité décisionnelle)
  • Aucun actif commun important (pas de bien immobilier, pas de participation dans une entreprise, pas de régime de retraite complexe)
  • Aucune des parties ne réclame de pension alimentaire entre conjoints
  • Les deux parties sont en mesure de comprendre et de signer tous les documents requis par le tribunal

Risques du divorce DIY

Le divorce DIY semble économique, mais les risques suivants doivent être sérieusement évalués :

  • Erreurs dans les documents de procédure : Des formulaires mal remplis ou des pièces manquantes entraînent le retour du dossier et des délais de plusieurs mois.
  • Lacunes dans les clauses de l’entente : Une entente de séparation non vérifiée par un avocat peut omettre des éléments essentiels : partage du patrimoine familial (patrimoine familial), participation dans une entreprise, régimes de retraite, modification du bénéficiaire d’une assurance-vie, etc. Les frais de recours ultérieurs dépassent de loin ce qu’aurait coûté un avocat à l’avance.
  • Protection insuffisante des intérêts des enfants : Le juge a le pouvoir de refuser d’homologuer une entente qui ne correspond pas à l’intérêt supérieur de l’enfant, même si les deux parties y consentent — ce qui peut entraîner des délais supplémentaires.
  • Conséquences fiscales négligées : Le transfert d’actifs peut déclencher un impôt sur les gains en capital ou des enjeux liés à la TPS/TVQ, aspects que les demandeurs DIY ignorent souvent.

Recommandation : Même si vous optez pour un divorce DIY, il est conseillé de payer au moins une consultation juridique (consultation juridique) pour faire réviser l’entente — généralement 300 $ à 600 $, un investissement très rentable.

IX. Ordonnances accessoires (Ordonnances accessoires) : les mesures « complémentaires » au divorce

Au Canada, le jugement de divorce lui-même ne fait que dissoudre le mariage — il ne règle pas automatiquement les questions relatives aux enfants, à la pension alimentaire entre conjoints et au partage du patrimoine. Ces questions doivent être traitées séparément par des ordonnances accessoires (corollary relief orders).

Les ordonnances accessoires peuvent être :

  • Demandées conjointement à la demande de divorce (le cas le plus courant)
  • Demandées séparément après la demande de divorce
  • Demandées sous forme d’ordonnance provisoire (ordonnance provisoire) pendant la procédure de divorce, afin de protéger immédiatement les droits des parties avant le jugement final

Principaux types d’ordonnances accessoires

1. Ordonnance parentale (Parenting Order)

Détermine la résidence principale des enfants, la répartition du temps parental (parenting time) et la responsabilité décisionnelle pour les décisions importantes (santé, éducation, religion). (Voir épisode 11 de cette série : La bataille pour la garde des enfants)

2. Ordonnance alimentaire pour enfants (Child Support Order)

Fixe les obligations alimentaires des deux parents sur la base des Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants (Federal Child Support Guidelines) et des tables québécoises de fixation de la contribution alimentaire parentale. (Voir épisode 13 de cette série : Comment la pension alimentaire est calculée)

3. Ordonnance de pension alimentaire entre conjoints (Spousal Support Order)

Si l’un des époux dépendait économiquement de l’autre pendant le mariage, le tribunal peut ordonner le versement d’une pension alimentaire entre conjoints, en se référant aux Lignes directrices consultatives sur les pensions alimentaires entre époux (Spousal Support Advisory Guidelines). (Voir épisode 13)

4. Ordonnance de partage du patrimoine (au Québec : partage du patrimoine familial)

Le régime du patrimoine familial (patrimoine familial) du Québec impose le partage égal de certains actifs (résidence familiale, régimes de retraite, véhicules, etc.), quelle que soit la convention matrimoniale. (Voir épisode 12 de cette série : Partage du patrimoine et régime du patrimoine familial au Québec)

X. Reconnaissance des divorces prononcés en Chine au Canada : l’article 22 de la Loi sur le divorce

Pour les immigrants d’origine chinoise établis au Canada, une question très fréquente est : « J’ai déjà divorcé en Chine — est-ce que le Canada reconnaît ce divorce ? »

Selon le paragraphe 22(1) de la Loi sur le divorce, les conditions de reconnaissance d’un divorce étranger sont les suivantes :

Si, au moment où le divorce a été prononcé, l’un ou l’autre des ex-époux résidait habituellement depuis au moins un an dans le pays ou territoire de l’autorité compétente ayant rendu le jugement, ce divorce étranger doit être reconnu au Canada pour la détermination du statut matrimonial de toute personne au Canada.

Un divorce prononcé en Chine peut-il être reconnu au Canada ?

La réponse est : généralement oui, mais sous conditions, et avec des limites importantes.

  • Conditions de reconnaissance : Au moment de la demande de divorce, l’une des parties résidait habituellement en Chine depuis au moins un an, et le divorce est valide en droit chinois (enregistrement du divorce par consentement mutuel auprès du bureau des affaires civiles ou jugement de divorce rendu par un tribunal, l’un et l’autre sont acceptés).
  • Démarche pratique : Présenter à un notaire ou à un avocat canadien le certificat de divorce ou le jugement du tribunal muni de l’apostille de La Haye (ou de l’authentification du ministère des Affaires étrangères de Chine + de l’authentification consulaire canadienne).
  • Limite importante : Une décision de la Cour supérieure de la Colombie-Britannique rendue en 2020 (rapportée par China Justice Observer) montre que les tribunaux canadiens ont reconnu la partie pension alimentaire entre conjoints du jugement de divorce chinois, mais ont refusé de reconnaître la partie relative à la garde des enfants — au motif que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être réévalué selon le droit canadien et ne peut pas reposer uniquement sur un jugement étranger.
  • Statut de citoyen et de résident permanent non affecté : Un divorce prononcé en Chine n’affecte pas automatiquement votre statut d’immigration au Canada. Cependant, si vous parrainez votre conjoint pour l’immigration, l’engagement de parrainage (undertaking, 担保承诺) demeure valide — le divorce ne l’annule pas automatiquement (voir épisode 1 de cette série).

Avertissement important : Si les deux parties avaient leur résidence habituelle au Canada au moment du divorce prononcé en Chine, ce divorce ne satisfait pas à la condition de résidence du paragraphe 22(1) et ne sera pas reconnu au Canada — les parties demeurent légalement mariées aux yeux de la loi canadienne. Cette situation est relativement fréquente dans la communauté des immigrants d’origine chinoise ; il est impératif de consulter un avocat à l’avance pour clarifier votre statut matrimonial. Pour une discussion complète sur le divorce transfrontalier entre la Chine et le Canada, voir l’épisode 10 de cette série : Le divorce transfrontalier sino-canadien.

XI. Incidence du divorce sur le statut d’immigration : carte de résident permanent et citoyenneté

Cette question revient très fréquemment dans la communauté des immigrants d’origine chinoise ; voici des réponses claires :

Le divorce n’affecte pas automatiquement le statut d’immigration déjà obtenu

Si vous êtes déjà résident permanent canadien (titulaire d’une carte de résident permanent), le divorce ne vous prive pas de votre statut de résident permanent. Ce statut est indépendant du statut matrimonial : une fois accordé, il n’y est plus lié. De même, si vous avez déjà la citoyenneté canadienne, le divorce n’a aucune incidence juridique sur votre citoyenneté.

Mais l’engagement de parrainage (Undertaking) demeure valide

Si vous avez obtenu votre résidence permanente dans le cadre d’un parrainage de conjoint, l’engagement de parrainage (undertaking) du répondant (généralement un citoyen canadien ou un résident permanent) ne prend pas automatiquement fin avec la dissolution du lien matrimonial. Le répondant est tenu de respecter son engagement jusqu’à son expiration (généralement trois ans après l’arrivée du conjoint au Canada). Concrètement, même après le divorce, si la personne parrainée demande de l’aide sociale, le répondant pourrait encore être tenu de rembourser ces sommes.

Nouvelles demandes d’immigration après le divorce

Si vous envisagez de parrainer un nouveau partenaire après votre divorce, sachez que si l’engagement de parrainage précédent a posé des problèmes ou si l’IRCC enquête actuellement sur l’authenticité du mariage antérieur, une nouvelle demande de parrainage pourrait être affectée. Il est conseillé de confirmer l’état de votre précédent engagement auprès d’un avocat spécialisé en immigration avant d’entreprendre une nouvelle demande de parrainage.

XII. Foire aux questions (FAQ)

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XIII. Conclusion : connaître la procédure, c’est se protéger

La Loi sur le divorce fédérale offre à tous les couples mariés au Canada un parcours de divorce clair et prévisible. L’essentiel à retenir est le suivant : la séparation d’un an est le motif de divorce le plus utilisé et le plus accessible — sans qu’aucune faute ne soit à prouver ; le divorce par consentement mutuel réduit considérablement le coût en temps et en argent ; et les ressources gratuites de médiation au Québec constituent un service public d’une grande valeur, qu’il convient d’utiliser pleinement.

Pour les nouveaux immigrants d’origine chinoise, une attention particulière s’impose concernant : la reconnaissance au Canada d’un divorce prononcé en Chine, la persistance des obligations liées à l’engagement de parrainage, et la nécessité de traiter les ordonnances relatives aux enfants conformément au droit canadien. Ces points sont souvent sources de malentendus au sein de la communauté des immigrants d’origine chinoise.

Le présent article fournit de l’information juridique et non des conseils juridiques. Les particularités de chaque dossier de divorce peuvent influer sur l’issue juridique. Si vous ou un membre de votre famille êtes confronté à une procédure de divorce, il est recommandé de consulter le plus tôt possible un avocat qualifié en droit de la famille, afin de prendre des décisions éclairées qui servent au mieux vos intérêts.

Références juridiques et sources

  1. Loi sur le divorce, L.R.C. 1985, ch. 3 (2e suppl.), art. 3, 8, 12, 22 — laws-lois.justice.gc.ca
  2. Projet de loi C-78 — Loi modifiant la Loi sur le divorce (sanction royale 21 juin 2019 ; en vigueur le 1er mars 2021) — parl.ca
  3. Ministère de la Justice Canada — « Les modifications à la Loi sur le divorce expliquées » — justice.gc.ca
  4. Code de procédure civile du Québec (RLRQ c C-25.01) — Articles 409 à 425 (procédures en matière familiale)
  5. Ministère de la Justice du Québec — Tarif des frais judiciaires : divorce et séparation — justice.gouv.qc.ca
  6. Gouvernement du Québec — Séance d’information gratuite sur la parentalité après la séparation — quebec.ca
  7. Ministère de la Justice — Inscription et calendrier des SIP — justice.gouv.qc.ca
  8. China Justice Observer — « Canadian Court Enforces Chinese Divorce Judgment on Spousal Support, but Not on Child Custody/Support » (2020) — chinajusticeobserver.com
  9. Loi sur le divorce, art. 22 — Divorces étrangers — laws-lois.justice.gc.ca
  10. Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants, DORS/97-175
  11. Lignes directrices consultatives sur les pensions alimentaires entre époux, 2008 (Ministère de la Justice)
  12. divorce.law — « How Long Does a Divorce Take in Quebec? 2026 Timeline Guide » — divorce.law
  13. Éducaloi — « La séance d’information sur la parentalité et la médiation familiale » — educaloi.qc.ca

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