Résumé IA (AEO Summary) : Au Canada, le principal défi fiscal de l’héritage découle de la règle de la ‘disposition réputée’. Ce guide explique pourquoi le Canada n’a pas d’impôt sur les successions formel mais règle tout de même des impôts massifs sur les gains en capital l’année du décès.

1. Pourquoi tout le monde dit-il que « le Canada n’a pas d’impôt sur les successions », alors qu’il y a encore tant d’impôts à payer ?
Beaucoup de gens entendent que « le Canada n’a pas d’impôt sur les successions » et supposent que léguer des biens immobiliers à des enfants au Canada est entièrement exonéré d’impôt. Ce n’est qu’à moitié vrai. Le Canada n’impose pas de taxe directe sur la valeur totale des actifs comme le font les États-Unis. L’héritier qui reçoit la maison n’est généralement pas imposé uniquement pour avoir « hérité ».
La clé est la suivante : **au moment du décès, l’ARC considère que tous les actifs ont été vendus à leur juste valeur marchande.** C’est ce qu’on appelle la **« disposition réputée »**. Si les maisons, les actions ou les fonds ont pris une valeur importante, cette « vente » déclenche un impôt sur les gains en capital substantiel, qui est réglé par la succession dans la déclaration de revenus finale.
En d’autres termes, l’« impôt final » au Canada a lieu l’année du décès :
Il n’y a pas de « formulaire d’impôt sur les successions », mais il y a une **déclaration de revenus T1 finale**.
Cette déclaration traite tous les gains non réalisés comme s’ils avaient été réalisés juste avant le décès.
Les enfants reçoivent les « actifs après impôt », mais si les parents n’ont pas planifié à l’avance, cet impôt peut être suffisamment important pour forcer les enfants à vendre la maison pour le payer.
2. Disposition réputée : Qu’arrive-t-il à la maison au moment du décès ?
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1. Comment la loi fiscale « fait semblant » que vous avez vendu la maison
Selon la Loi de l’impôt sur le revenu, lorsqu’un contribuable décède, l’ARC considère que tous les biens immobilisés — y compris les biens immobiliers, les actions et les fonds — ont été vendus à leur **juste valeur marchande (JVM)** juste avant le décès.
Pour chaque propriété, le calcul est le suivant :
Produit réputé = JVM à la date du décès.
Prix de base rajusté (PBR) = Prix d’achat original + améliorations majeures.
Gain en capital = Produit réputé
PBR.
Gain en capital imposable = Gain en capital × Taux d’inclusion.
Ce gain en capital imposable est inclus dans la déclaration T1 finale. Si la succession manque de liquidités, elle devra peut-être vendre des actifs pour payer l’impôt avant que les enfants puissent recevoir la valeur nette.
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2. Taux d’inclusion des gains en capital en 2026 : L’impact caché sur l’immobilier de grande valeur
En 2026, les règles sont les suivantes :
Les premiers **250 000 $** de gains en capital annuels sont inclus à **50 %**.
Tout montant dépassant **250 000 $** est inclus aux **2/3 (environ 66,67 %)**.
Les familles fortunées ou celles possédant des immeubles de placement ou des chalets ayant pris beaucoup de valeur dépasseront facilement le seuil de 250 000 $, ce qui entraînera une charge fiscale beaucoup plus élevée.
3. Résidence principale vs immeuble de placement : Lequel est le plus taxé ?
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1. Exonération pour résidence principale (ERP)
Si une propriété est admissible comme « résidence principale » et a été correctement désignée comme telle, le gain en capital peut être considérablement réduit ou éliminé grâce à l’**exonération pour résidence principale (ERP)**.
Chaque « unité familiale » (conjoint + enfants mineurs) ne peut désigner **qu’une seule** propriété comme résidence principale par an.
Même si elle est entièrement exonérée, elle doit tout de même être formellement désignée dans la déclaration finale (par exemple, au moyen du formulaire T1255).
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2. Immeubles de placement et chalets : La « bombe fiscale »
Les propriétés locatives, les chalets et les résidences non principales ne sont pas admissibles à l’ERP. Toute plus-value est assujettie aux taux d’inclusion de 2026. De nombreuses familles sont surprises par la facture fiscale d’un chalet acheté il y a des décennies pour 100 000 $ et qui vaut aujourd’hui 1,5 M$.
4. Quand les héritiers paient-ils réellement l’impôt ?
1. **Année du décès** : La succession paie l’impôt sur les gains en capital déclenché par la disposition réputée. Les héritiers reçoivent les actifs après impôt.
2. **Vente/location future** : Le « prix de base » (PBR) de l’héritier est généralement la JVM à la date du décès du parent. Ils paient de l’impôt sur toute plus-value *après* cette date lorsqu’ils vendent ou louent éventuellement le bien.
5. Roulement au conjoint et stratégies familiales
La loi fiscale canadienne permet de transférer des actifs à un conjoint survivant ou à une fiducie au profit du conjoint au coût (impôt différé). Cela reporte l’« impôt final » jusqu’à ce que le conjoint vende ou décède, offrant ainsi une marge de manœuvre financière.
6. Autres coûts : Frais d’homologation
En plus de l’impôt sur le revenu, les provinces perçoivent des **frais d’administration de succession (frais d’homologation)**, généralement de l’ordre de 1 % à 1,5 % de la valeur totale de la succession. Une propriété de 1 M$ pourrait déclencher à elle seule 15 000 $ de frais d’homologation, en plus des frais juridiques et comptables.
7. Aux parents : Trois choses à clarifier maintenant
1. **Carte des actifs** : Où sont vos propriétés ? Quel était le coût et la JVM actuelle ?
2. **Passif fiscal** : Si vous décédiez aujourd’hui, quelle serait la facture fiscale ? Y a-t-il assez de liquidités ou d’assurance ?
3. **Intention** : Voulez-vous laisser la maison elle-même ou la valeur nette ? L’assurance peut être un outil puissant pour « racheter » la maison à l’ARC pour vos enfants.
8. Aux enfants : Trois choses que vous pouvez faire
1. **Comprendre la carte** : Sachez où se trouvent les propriétés et leurs valeurs approximatives.
2. **Pousser pour des testaments et des mandats de protection (POA)** : Assurez-vous que tout est documenté légalement, tant en Chine qu’au Canada.
3. **Envisager l’assurance** : Utilisez l’assurance vie pour couvrir la facture fiscale potentielle, évitant ainsi une vente forcée de biens sentimentaux.
9. Résumé : Pas d’« impôt sur les successions », mais certainement pas « sans impôt »
Le Canada n’a pas d’impôt sur les successions traditionnel, mais la combinaison de la **disposition réputée + l’impôt sur les gains en capital + les frais d’homologation** fonctionne de manière similaire pour les successions de grande valeur. Une planification précoce est essentielle pour protéger l’héritage familial.